RSF dénonce l'arrestation d'un journaliste tunisien

2009-11-04

Les autorités tunisiennes accusent Taoufik Ben Brik, journaliste et critique du Gouvernement, d'avoir commis des crimes qui vont de la diffamation à l'agression.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 04/11/09

[Fethi Belaid/AFP/Getty Images] Taoufik Ben Brik, très critique envers Ben Ali, restera en prison pour des raisons que RSF qualifie de politiques.

Reporters Sans Frontières (RSF) a condamné l'arrestation survenue le 29 octobre de Taoufik Ben Brik, journaliste tunisien et critique répété du Parti au pouvoir dans le pays.

Dans un communiqué paru le jour suivant, RSF a accusé les autorités tunisiennes d'avoir accusé faussement le journaliste pour parvenir à le museler. Ben Brik, 41 ans, a été arrêté à l'issue d'une altercation présumée avec une femme et doit répondre à un dépôt de plainte pour agression, atteintes aux bonnes moeurs et dégradation de biens.

"Ce sont des accusations forgées afin de s'assurer que Ben Brik croupisse en prison", dit le communiqué. "Ce journaliste dissident a besoin de prendre régulièrement des médicaments en raison d'un état grave, le syndrome de Cushing, mais les autorités ont décidé de faire autant de mal que possible. Nous appellons donc à sa libération pour des raisons humanitaires en attendant son procès".

L'un des avocats de Ben Brik, Ahmed Nejib Chebbi, dit que la plaignante dans l'affaire "a délibérément heurté la voiture de mon client, qui était arrêtée sur un parking de Tunis". La plaignante aurait alors quitté sa voiture, crié sur Ben Brik, l'accusant d'avoir volontairement heurté son véhicule, puis elle aurait déchiré les vêtements du journaliste "afin de le provoquer pour qu'il l'attaque," selon le communiqué.

Selon le Secrétaire Général du RCD, Mohammed Ghariani, Ben Brik sera jugé non en raison de ses opinions, mais bien pour son attaque présumée sur une femme.

"Les [O]rganisations [comme RSF] ont prouvé qu'elles étaient non-objectives, partiales et qu'elles n'écoutent toujours qu'un seul côté de l'histoire", a dit Ghariani, prenant la parole mardi lors d'une conférence de presse.

"La Tunisie est grande, et plus grande que ces organisations marginalisées" a déclaré le Secrétaire-Général, ajoutant que "un citoyen qui est militant des Droits de l'Homme n'est pas pour autant immunisé contre des conséquences légales".

Mais les avocats de Ben Brik disent que les poursuites légales dirigées contre leur client ont pour origine ses récents articles parus dans plusieurs journaux occidentaux, dans lesquels il a durement critiqué le gouvernement tunisien. Les articles avaient été publiés au moment des élections du 25 octobre, que le Président Zine El Abidine Ben Ali avait remporté avec plus de 89% des votes, lui ouvrant la porte à un cinquième mandat, et scrutin au cours duquel aussi le Ralliement Constitutionnel Démocratique (RCD) avait facilement maintenu sa majorité au Parlement.

Articles liés

Loading

Ben Brik est actuellement incarcéré à la prison de Mornaguia, à 20 kilomètres au nord de Tunis. Son procès devrait s'ouvrir le 19 novembre. RSF s'inquiète que la santé de Ben Brik ne"se déteriore rapidement s'il ne peut prendre de médicaments à des heures régulières".

La Tunisie a été témoin de controverses variées sur la liberté de la presse, dont une agression présumée menée sur deux journalistes reconnus en mars 2008.

Certains membres des médias locaux ont exprimé leur préoccupation sur la manière dont l'affaire la plus récente impliquant un journaliste pourrait se dérouler.

"Il est vrai que, selon les termes de la couverture légale montrée dans les documents de la procédure, le cas est une affaire de droit public", a dit le journaliste Taoufik Ayachi dans une déclaration à Magharebia. "Malgré tout, les bases de l'affaire, représentées par l'identité de l'accusé et le moment de l'incident lui-même, peuvent être complètement vidées de la forme dans laquelle elles ont présentées et remises dans le cadre des affaires d'opinion ou politiques, dans lesquelles les activistes sont poursuivis non en tant que personnes avec des opinions dissidentes, mais en tant qu'accusés dans des affaires de droit public. Il y a de nombreux précédents dans ce domaine".

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
Loading

Voter

Loading
  • Envoyer à par email
  • Imprimer
  • Share/Save/Bookmark
comments

Anonymous En ligne 15 il y a plusieurs jours

Il y a des années de cela, le correspondant de l'AFP en Tunisie avait fait un papier sur les droits de l'homme en Tunisie. Comme c'est l'habitude des journalistes étrangers qui ne bénéficient pas des faveurs de la Tunisie pour leurs articles, son papier était plein de mensonges. Il prétendait que Ben Ali ne respectait pas les droits de l'homme et parlait de torture et de censure de la presse. Comme c'est aussi l'habitude en Tunisie ce journaliste n'a pas été inquiété par les autorités pour son article. Seulement juste après, alors qu'il voulait monter dans sa voiture pour aller à son bureau il a trouvé une dame appuyée contre sa voiture. Il s'approche. La dame ne peut plus tenir debout et s'effondre en le priant de l'emmener à l'hôpital. Il la relève et ouvre la portière pour la faire monter. Tout à coup la femme retrouve ses forces et se met à crier au secours de toutes ses forces. Par miracle des policiers qui étaient présents sur les lieux se jettent sur le journaliste et "libèrent" la "victime" qui leur déclare que le voyou voulait l'enlever par force dans des buts certainement pas très honorables. En fin de compte le correspondant se retrouve au commissariat de police avec une plainte en bonne et due forme déposée contre lui et le témoignage des forces de l'ordre. Son ambassade ne pouvait rien faire pour lui. D'après les Tunisiens il avait été arrêté en flagrant délit. Mais vu les bonnes relations entre la France et la Tunisie, et pour éviter le scandale d'une condamnation par un tribunal, la Tunisie était prête à laisser partir le journaliste en douceur. Il devait seulement signer un papier et s'engager à ne plus remettre les pieds en Tunisie. Tout s'est bien terminé et la dame en question a retiré sa plainte. Serait-elle par hasqrd devenue la victime de Ben Brik?

mouldi maaroufi En ligne 14 il y a plusieurs jours

Alors maintenant, on a rsf qui déclare que l'homme n'a pas commis le crime d'avoir blessé corporellement la femme, de l'avoir insultée et d'avoir endommagé sa voiture en raison de sa conduite imprudente et de son freinage soudain, pourquoi couvrir de boue le système de la justice tunisienne si ce n'est à cause de la haine et de la jalousie, le calice de poison qu'ils tentent de nous faire boire pour avoir plus de publicité en tant que guerriers de la liberté des journalistes et spécialistes de la politique mondiale comme ils se qualifient eux-mêmes. Et où est la justice pour les nord-africains tués, assassinés et les femmes violées, les personnes emprisonnés à l'occasion de cette campagne de haine, de cette fausse propagande d'une guerre sans cause menée contre une nation innocente et sans défense depuis 70 ans, et devinez quoi nous la gagnons encore mettons l'occupant dehors. LA BLESSURE infligée à l'Afrique du nord par les français n'est pas encore guérie alors je suggère que vous jetiez un coup d'oeil plus profond dans votre propres couloirs du pouvoir, et que régliez tout le mal et les crimes commis en afrique du nord avant que nous ne fassions vraiment attention à ce que vous dites. Je dis ça parce que c'est vrai j'aime les français dans leur globalité et je pense qu'ils méritent mieux que certains chartlatans qui les nourrissent faussement de mauvaises informations et dénaturent les faits sur les autres pays et démocraties dans le but d'obtenir des sympathies, des donations.

freearabicca En ligne 14 il y a plusieurs jours

Faites passer le message! une malheureuse blogueuse Tunisienne a été arreté hier! Fatma arabicca de Monastir: http://freearabicca.wordpress.com/2009/11/05/arrestation-de-fatma-arabicca/ Faites passer le message, il faut que tout le monde la soutienne !!! Sur twitter, le hashtag c'est #freearabicca

Nous nous réjouissons de vos commentaires sur les articles publiés par Magharebia.

Nous espérons que vous utiliserez ce forum pour discuter avec d'autres lecteurs du Maghreb. Pour conserver tout leur intérêt à ces discussions, nous vous demandons de respecter les règles précisées dans la politique relative aux commentaires. L'envoi de vos commentaires implique le respect de ces règles. Bien que Magharebia.com encourage la discussion sur tous les sujets, y compris des sujets sensibles, les commentaires publiés ne reflètent que les seules opinions de leurs auteurs. Les idées, vues et opinions exprimées dans ces commentaires ne reflètent pas nécessairement la position de Magharebia.com. Ce forum est géré par un modérateur. Les commentaires a caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.

Politique des commentaires de Magharebia

Nom
Email (optionnel)
Commentaire

1800 de caractères restants (1800 max)

turing test
Saisissez les chiffres
.
Zawaya
Les indices de développement humain (IDH) sont-ils utiles aux gouvernements dans le cadre de la lutte contre les problèmes sociaux?

Couverture spéciale

Tunisian Presidential Elections 2009

Ramadan au Maghreb

Baccalauréat 2009

À l'honneur

L'instabilité en Somalie inquiète ses voisins du Maghreb

2009-11-05

Alors que les groupes radicaux en Somalie gagnent en importance, le Maghreb s'interroge sur la manière d'empêcher les jeunes d'embrasser des idéologies extrémistes.
Continuer...
.

Sondage

Qui est selon vous responsable du déclin du football marocain ?






Voir résultats

Articles

Loading