De récents reports ralentissent la poursuite du dialogue social au Maroc
2009-10-29
Les responsables syndicaux affirment que malgré la poursuite du dialogue, le gouvernement marocain ignore les revendications de base portant sur des augmentations de salaire et la révision de la grille salariale dans la fonction publique.
Par Hassan Benmehdi à Casablanca et Siham Ali à Rabat pour Magharebia – 29/10/09
![]() [Hassan Benmehdi] Le Premier ministre marocain Abbas El Fassi est engagé dans des négociations avec les centrales syndicales. |
La récente série de négociations n'a pas permis de parvenir à un accord entre les syndicats marocains et le gouvernement sur plusieurs des revendications de base des centrales syndicales.
Le Premier ministre marocain Abbas El Fassi a entamé lundi 26 octobre à Rabat son "Dialogue social" avec les principales centrales syndicales marocaines.
La principale revendication des responsables syndicaux présents à cette réunion portait sur la hausse des salaires pour renforcer le pouvoir d'achat des Marocains. Ils ont accusé le gouvernement de se préoccuper plus de maintenir les équilibres fondamentaux que d'augmenter les salaires, faisant valoir que le coût de la vie pour les Marocains enregistre une forte hausse alors que les salaires ne progressent pas.
Participaient à cette rencontre Miloudi Mkharek, secrétaire général de l'Union marocaine du travail, Abdelhamid Chabat, de l'Union générale des travailleurs du Maroc, et Mohammed Yatim, de l'Union nationale du travail au Maroc, qui représentent essentiellement les intérêts des salariés de la fonction publique.
Les responsables syndicaux ont demandé la suppression des échelles de salaires de 1 à 4, ce qui aurait pour conséquence d'augmenter les salaires de base des nouveaux embauchés dans la fonction publique. Bien qu'un accord existe déjà sur ce point, les syndicats demandent sa rétroactivité sur quatre ans.
"Il n'y a pas eu d’avancées notables sur les différentes doléances sociales des organisations syndicales", a déclaré le secrétaire général de la Fédération démocratique du travail, Abderahmane Azzouzi. "La hausse des prix des produits de première nécessité a fait que le coût de la vie augmente en continu et que les augmentations de salaires obtenues grâce au dialogue social n’ont pu couvrir le renchérissement du coût de la vie."
"Aucune augmentation de salaire n'est prévue", a expliqué le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle Jamal Aghmani. Il a déclaré à la presse locale que bien que les revendications des syndicats soient légitimes, la situation économique résultant de la crise financière mondiale empêchait d'envisager des augmentations avant 2011.
Les syndicats attendent la décision du Premier ministre sur d'autres sujets. La promotion interne reste une revendication pressante des centrales, en plus des indemnités pour les zones éloignées et difficiles d’accès.
Le gouvernement a suggéré une augmentation des quotas de postes à pourvoir par le biais de la promotion interne de 25 pour cent actuellement à 28 pour cent. Mais les syndicats souhaitent une hausse de 8 pour cent
Quant aux primes pour les fonctionnaires travaillant dans des régions éloignées, le ministère de la Modernisation du secteur public a proposé une augmentation brute de 700 dirhams dans les secteurs de l'éducation et de la santé. Mais pour Larbi Habachi, ce montant devrait être porté à 700 dirhams après impôt, "comme s’y est engagé le Premier ministre". Il souligne par ailleurs l’importance de généraliser cette mesure à l'ensemble des fonctionnaires, pas seulement à ceux de l'éducation et de la santé.
Les syndicats de la fonction publique demandent également aux ministres du gouvernement de renouer le dialogue social avec les syndicats du secteur privé, qui avait été interrompu en décembre 2008 lorsque les employeurs avaient rejeté les demandes d'augmentations de salaires.
Le ministre de la Modernisation du secteur public Mohamed Abbou a expliqué que certaines des revendications des syndicats n'avaient pas été prises en compte. "Mais l’essentiel, c’est que ce climat de dialogue responsable et serein se poursuit", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Economie et des Finances Salaheddine Mezouar a déclaré que le gouvernement avait progressé dans ses négociations avec les syndicats, citant notamment l’augmentation des allocations familiales ainsi que leur extension aux salariés du secteur agricole, l’augmentation de 10 pour cent du salaire minimum et l’application de la deuxième tranche de la baisse de l’impôt sur le revenu.
Une session de travail entre les syndicats et les ministères concernés aura lieu le 2 novembre pour poursuivre les négociations sur les revendications.







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