L'opposition en Tunisie remporte un quart des sièges au Parlement
2009-10-27
Lors des élections de dimanche, les candidats de l'opposition en remporté un nombre record de 53 sièges au Parlement tunisien.
Par Mona Yahia et Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 27/10/09
![]() [Fethi Belaid/AFP/Getty Images] Les partis de l'opposition ont fait une moisson record de voix lors des élections législatives en Tunisie. |
Les partis de l'opposition ont fait une avancée forte à l'occasion des élections législatives qui se sont tenues le dimanche 25 octobre, parvenant à capturer un nombre sans précédent de 53 sièges sur les 214 à briguer au Parlement.
Le parti au pouvoir du Rassemblement Constitutionnel Démocratique du Président Zine El Abidine Ben Ali a obtenu une majorité attendue, en gagnant 161 sièges, tout en ayant seulement rassemblé 31% des votes populaires. Lors du scrutin présidentiel qui s'est déroulé le même jour, Ben Ali a été lui-même réélu pour son cinquième mandat de cinq ans avec 89.62% des voix.
Cette avancées jusque-là inédite faite par l'opposition a suscité des réactions positives de la part de certains commentateurs.
"Ce qui importe, c'est que le Parlement tunisien, pour la première fois dans l'Histoire, va allouer un quart de ses sièges à l'opposition", a commenté le journaliste tunisien Kamal Ben Youness dans la presse locale à l'issue du scrutin. "C'est vraiment significatif, en particulier si nous mettons ce fait nouveau en liaison avec le programme électoral du Président Ben Ali, dont les deux premiers éléments traitent de l'expansion du champ des libertés".
C'est le Mouvement des Démocrates Socialistes qui remporte le plus grand nombre de sièges (16), suivi par le Parti d'Unité Populaire (huit). Le Parti vert pour le Progrès est doté de six sièges, tandis que le Mouvement Ettajdid n'en assure que deux. Les candidats indépendants et d'autres partis d'opposition, comme le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés, ne sont pas parvenus à en remporter aucun.
En 2004, les partis d'opposition étaient parvenus à remporter suffisamment de votes pour s'assurer 37 sièges, ce qui représentait une augmentation légère par rapport aux résultats de 1999, année où les candidats au scrutin de l'opposition n'avaient gagné que 34 sièges. L'envergure de l'organisme parlementaire avait augmenté après les élections de 2004, passant de 141 à 214 sièges.
"L'élection est une étape importante et remarquable dans les pratiques démocratiques", a déclaré lundi lors d'une conférence de presse le Ministre de l'Intérieur Rafiq Haj Kassem. Il a cité des statistiques montrant que le nombre de votants en Tunisie avait augmenté d'un million. Il a attribué cette hausse à l'abaissement de l'âge de la majorité électorale à 18 ans, et à la révision régulière des listes électorales.
Selon les statistiques qu'il a avancées, le taux de participation a été élevé, puisqu'il s'inscrit à 89.4%. Selon les chiffres estimés, les tunisiens auraient été 5.2 millions à se rendre aux urnes et 300 000 expatriés auraient fait parvenir leurs votes. Kassem ajoute qu'aucune plainte n'a été déposée concernant le déroulement du scrutin.
Kassem a salué le taux de participation des femmes aux urnes. "A 18%, [il] représente aussi un autre développement réussi pour ces élections tunisiennes", a-t-il déclaré.
Répondant aux critiques avancées par des agences d'information internationales qui ont mis en doute la validité de ce scrutin, Kassem a souligné que le processus s'était déroulé honnêtement.
"Les vociférations des coquins ne peuvent arrêter le progrès", a-t-il dit.
Certains médias arabes ont fait l'éloge de ce scrutin. "Je pense que ce qu'il s'est passé au cours de ces élections indique avec certitude que la Tunisie se tient sur le seuil d'un avenir brillant", a déclaré le commentateur jordanien Abdallah El Gat.
Au siège du RCD, la fête avait commencé bien avant que les résultats officiels des élections n'aient été annoncés, dimanche. Les observateurs s'attendent par ailleurs à ce que des foules descendent dans les rues mardi ou mercredi, pour célébrer la victoire du parti et celle du Président Ben Ali.







Anonymous En ligne 22 il y a plusieurs jours
D'après Magharebia l'article ci-dessus a été rédigé par ses correspondants à Tunis. J'ai la forte impression que les deux correspondants de Magharebia n'étaient pas à Tunis mais ont passé leur weekend sur la lune. Sinon comment expliquer le titre: 'l'opposition a remporté un quart des sièges au parlement"? Il y a presque un an que l'ancien président Ben Ali a chargé son premier ministre d'annoncer que le patron a décidé de faire avancer la "démocratie" en accordant à "l'opposition" 53 sièges dans son nouveau parlement. Il a mis sa menace à éxécution en octroyant les sièges comme promis et empêché le suffrage de s'exprimer. Il faut aussi voir comment il a réparti les sièges. Leur nombre est proportionnel à la servilité des "opposants". Ainsi le MDS qui n'a pas présenté de candidat à la présidentielle et a appelé à voter Ben Ali a reçu la plus grande part du gâteau. Ettajdid qui a cru pouvoir profiter de ces élections pour ne plus servir de décor s'est vu reléguer à la dernière place. Quand aux vrais opposants, Chebbi et Ben Jaafar ils ont été tout simplement éliminés du jeu. Le sort le plus cruel a été réservé à Chebbi dont le parti a dû se retirer de la course devant les harrassements et les intimidations du régime dictatorial. La veille des élections et après la clôture de la campagne Ben Ali n'a pas respecté la trêve et a pris la parole à la télé pour interdire toute contestation du scrutin avant même que celui-ci ait lieu et a menacé de punir sévèrement les contestataires. C'est la politique des frappes préventives. Il a été relayé ensuite par son ministre de l'intérieur qui a dénoncé "les vociférations des coquins". Je me demande comment le nouveau président pense réhabiliter son pays décrié par le machiavélisme et l'abus de pouvoir de son prédécesseur.
maaroufi mouldi En ligne 20 il y a plusieurs jours
Les élections ont eu lieu, le meilleur a gagné et c'est la fin de l'histoire. Alors faisons-nous à cette idée, et laissons notre dirigeant continuer à faire ce qu'il fait le mieux DIRIGER LE PAYS qu'il excelle à faire briller notre pays et à améliorer la vie des gens. Laissons notre peuple vivre et ce qui est fait est fait et arrêtons de répandre des propagandes des mensonges malicieux et de prétendre à l'enterrement cybernétique d'une nation entière, ce sont son président et son gouvernement tels qu'ils sont qui ont les droits légaux de poursuivre ceux qui font de telles actions, mes médiateurs des pays de ces gens et les bureaux des nations unis et autre autorités mondiales... la beauté de la technologie cybernétique c'est que tout utilisateur est traçable
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