La jeunesse arabe demande des médias qui sachent refléter ses intérêts
2009-10-09
Les jeunes arabes veulent des médias plus efficaces qui sachent répondre à leurs attentes, et les participants d'un séminaire à Tunis ont tenté de déterminer à quoi pourrait ressembler ce modèle médiatique.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 09/10/09
![]() [Abdelhak Senna/AFP/Getty Images] Les participants de ce séminaire ont évoqué les moyens mis à la disposition des médias qui permettraient d'améliorer le traitement des questions touchant les jeunes. |
Des jeunes venus de tout le Maghreb et du monde arabe plus largement se sont rencontrés à Tunis, lundi 5 octobre, à l'occasion d'un séminaire de trois jours portant sur un modèle médiatique qui serait davantage susceptible de répondre aux aspirations de la jeunesse.
Des délégués venus de Tunisie, d'Algérie, de Libye, de Jordanie, d'Arabie Saoudite, de Syrie, du Qatar, d'Egypte, du Yémen, de Palestine et du Soudan ont fait l'esquisse d'un certain nombre de recommandations lors de cette réunion, initiée sous les auspices du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l'Education Physique, en collaboration avec la Ligue Arabe.
"Les sujets abordés étaient importants et nous ont motivés pour échanger nos expertises avec les participants venus de différents pays, et nous avons discuté avec eux des moyens de développer une information orientée vers les jeunes dans le monde arabe, en particulier avec l'apparition d'autres médias qui peuvent menacer les jeunes", dit Karima Weslati, membre d'un média tunisien qui a pris part au séminaire.
Un représentant de la Ligue Arabe, Heni Mostafa, a reflété certaines inquiétudes des participants sur les écueils possible de l'ère de l'Information, écueils face auxquels les jeunes doivent se montrer prudents.
"Les chaînes satellites sont une vraie menace", dit-il. "La jeunesse arabe doit en être consciente. Le ciel est grand ouvert. Certaines chaînes sont en-deça des normes et n'offrent aucun contenu significatif. D'autres sont importantes et offrent des contenus de qualité".
Les participants ont élaboré un certain nombre de recommandations en direction des médias et de la jeunesse arabe, appelant de leurs voeux la création d'une définition plus claire des médias interactifs et des jeunes, tout en pressant les médias à assainir leurs contenus dédiés aux jeunes. Ils ont également appelé toutes les parties à ne pas utiliser la jeunesse dans des activités négatives, et ils ont approuvé la création d'une nouvelle stratégie d'information.
Le séminaire a traité trois thèmes : La conservation d'une harmonie entre les médias et les causes de la jeunesse arabe, le développement de chaînes d'information en direction de la jeunesse, et l'examen d'une information orientée vers la jeunesse arabe à une époque de mondialisation culturelle.
"Chaque communauté arabe est … capable d'élever les capacités des jeunes pour que ces derniers puissent s'adapter à une nouvelle information, et qu'elle puisse ainsi être épargnée par des problèmes, comme ceux du terrorisme et de l'extrémisme", dit Mohammed Moutaoua, participant venu de Jordanie.
Les participants à un atelier de travail consacré au développement des chaînes d'information pour les jeunes arabes ont suggéré d'impliquer les jeunes dans la fabrication des contenus qui les visent particulièrement, ainsi que d'assurer la promotion du dialogue au coeur de cette cible.
Dans un atelier portant sur la jeunesse arabe, les médias et la mondialisation culturelle, les participants ont appelé à l'éducation de la jeunesse concernant la démocratie, et à augmenter la présence des femmes dans le monde médiatique.
Lors de la session d'ouverture de ce séminaire, Samir Abidi, Ministre tunisien de la Jeunesse, des Sports et de l'Education Physique, a déclaré que tous les Etats arabes devaient rester fermes face aux défis représentés par les nouveaux développements des médias, et trouver des moyens efficaces de les traiter.
Abidi a souligné le rôle de l'information, qui permet de se tenir au courant des changements rapides auxquels assiste la jeunesse arabe dans le secteur des technologies de l'information, et il a pressé les médias de présenter une image plus claire des aspirations des jeunes dans les domaines du travail, de l'éducation et de la santé.
L'année dernière, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali avait suggéré que l'année 2010 soit désignée année internationale de la jeunesse. Il avait proposé de se réunir à nouveau, invitant les Nations-Unies et d'autres organisations internationales à tenir une Conférence internationale sur la Jeunesse à Tunis, comme celle qui avait eu lieu en novembre 2008.







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