Inondations, élections et grippe porcine au menu des blogs tunisiens
2009-10-06
Les blogueurs tunisiens pleurent les victimes des inondations dans le sud du pays, d'autres s'interrogent sur l'état de préparation des autorités pour lutter contre le virus H1N1 (de la grippe porcine).
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 06/10/09
![]() [Fethi Belaid/AFP/Getty Images] Les prochaines élections sont dans les esprits de nombreux blogueurs tunisiens, mais les crues meurtrières qui ont frappé le sud en font réfléchir davantage. |
Les blogueurs tunisiens se sont intéressés ces deux dernières semaines aux prochaines élections du 25 octobre, ainsi qu'aux mesures prises par le gouvernement pour contrer une épidémie de grippe porcine. Mais bien plus, ils se disent préoccupés par les inondations meurtrières qui ont frappé les régions sud du pays.
"En geste de solidarité avec les familles des victimes [des inondations] et par respect pour leur deuil, jeudi 24 et vendredi 25 septembre 2009 ont été déclarés jours de deuil sur tous les sites web tunisiens", écrit Barbach.
Le blogueur a publié une bannière en deuil et demandé aux autres de la reproduire sur leurs sites. Cette bannière rend hommage aux victimes des inondations qui ont récemment balayé les villes du sud de la Tunisie, tuant plus de vingt personnes et en en blessant d'innombrables autres.
Tunis Wanderings parle de cette catastrophe sous un angle historique, soulignant que "des inondations catastrophiques ont depuis toujours balayé notre pays ; rappelons-nous les inondations de 1902, dont témoignent encore les archives de la météo." Le blogueur rappelle que des inondations s'étaient produites en 1931, un déluge qui avait durement frappé la ville côtière de Sousse et Kairouan, au coeur de la Tunisie, et que les crues de 1969 avaient tué plus de 540 personnes.
S'intéressant à la peur croissante que suscite la grippe porcine en Tunisie, Bent Alya décrit un incident au cours duquel une écolière s'est évanouie. Les responsables de la défense civile ont été immédiatement convoqués, mais sont prudemment restés loin de la jeune fille, par peur d'attraper le virus. Les élèves ont paniqué et se sont enfuis, et les rumeurs se sont répandues comme des traînées de poudre.
Il apparut en fin de compte que la jeune fille n'avait absolument pas contracté la grippe porcine. Bent Ayla conclut qu'à moins que des mesures tangibles et efficaces ne soient prises, les rumeurs risquaient à nouveau de se répandre. Elle impute de telles réactions à la rareté des informations sur la maladie et au manque de formation des responsables publics.
"Peut-être que le pays s'est préparé pour le virus… Malheureusement, l'élément humain, la formation et l'assistance manquent toujours. Et si les personnels de santé ne sont pas informés et sont motivés par la peur de l'inconnu, comment blâmer de simples citoyens qui ne savent pas ce qui se passe quand quelqu'un éternue ?", ajoute la blogueuse.
Concernant les prochains scrutins législatifs et présidentiels, Nakhlat Oued el-Bey s'est demandé "pourquoi les élections en Tunisie rejettent-elles des listes [de candidats] ?", en se référant à des articles selon lesquels plus de la moitié des candidats désignés pour les élections législatives avaient été rejetés. L'auteur de ce blog propose également un poème.
- The nation cast their votes transparently and with freedom of speech
- Having discussed programs and issues of destiny.
- Results were soon announced with no cheating or forgery.
- Having gone through ballots,
- It turns out that people's main concern is bills
- And their only wish is to save some dinars.
- They are after a life with no thought or debate,
- Except about the championship and who the Cup will go to.
Manichaeus s'est intéressé à la couverture des candidats à la présidence dans les journaux Assabah, L’Automne et La Presse. Il conclut que cette couverture, y compris pour le Président sortant et les candidats de l'opposition Muhamad Bouchiha, Ahmad Inoubli, Ahmad Brahim et Mustafa Ben Jaafar n'est pas la même.
"Il n'est un secret pour personne qu'un dépôt de candidature devant le Conseil constitutionnel est essentiellement un acte symbolique", écrit-il. "Aucun candidat n'est tenu de présenter son programme le jour où il dépose sa candidature. En revanche, la candidature est de prime importance, car elle est présentée comme un événement officiel et bien réel."
Quant aux candidats de l'opposition, poursuit-il, "le jour où ils déposent leur candidature est une occasion d'apparaître dans les médias nationaux et internationaux. Nous pouvons seulement nous demander : "Qu'ont fait nos journaux nationaux pour couvrir les candidats à la présidence ?'"







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