Des groupes de citoyens appellent à des sit-ins contre la hausse des prix alimentaires
2009-09-02
Les responsables d'une campagne nationale contre la hausse des prix alimentaires envisagent d'organiser des sit-ins dans tout le pays et un rassemblement devant le parlement.
Par Siham Ali à Rabat et Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 02/09/09
![]() [Abdelhak Senna/AFP/Getty Images] Une campagne citoyenne contre la cherté des prix alimentaires durant le Ramadan appelle à des rassemblements et des sit-ins dans tout le Maroc. |
Le comité national contre la cherté des prix alimentaires durant le Ramadan a appelé à des rassemblements et des sit-ins dans plusieurs régions du Maroc, dont le premier aura lieu le 11 septembre à Berchid et un autre devant le parlement, a déclaré Muhammed Ghafri, membre de ce comité.
"Une protestation citoyenne organisée par la coordination semble opportune en ce moment de l’année qui coïncide avec l’été, le Ramadan, la rentrée scolaire, la crise, et devant l’augmentation incessante des prix", a déclaré Abdessalam Adib, le coordinateur du comité de lutte contre la cherté de la vie.
"En dépit de la baisse des cours du pétrole et de la bonne saison agricole, les prix des denrées alimentaires sont confrontés à une hausse vertigineuse", a-t-il expliqué.
Les hausses de prix qui ont coïncidé avec le début du Ramadan ont concerné en premier lieu les légumes – en particulier les tomates –, avec des prix au kilo augmentant de près de quatre dirhams. Les pommes de terre ont également été affectées par ces augmentations, avec une hausse de deux dirhams. Les prix des fruits tournent autour de quinze dirhams, alors qu'ils se situaient auparavant aux alentours de dix.
Ahmed, employé dans une entreprise de Casablanca, a parfois du mal à remplir son panier. "C’est hallucinant de voir le prix de la sardine grimper à quinze dirhams et celui du merlan à soixante-dix dirhams", explique-t-il.
Aziz, vendeur de poisson, estime que cette hausse des prix des poissons frais s’inscrit dans une logique purement commerciale. Il explique que c’est la forte demande qui est à l'origine de la hausse des prix. "C’est normal que des commerçants profitent de cette situation, puisque ça ne va pas trop durer, et les prix vont certainement baisser dans les quelques jours à venir’.’
Les services chargés du contrôle des prix sur les marchés ne partagent cependant pas l'opinion des responsables de la campagne, et affirment que les hausses de prix de certains produits alimentaires ne doivent pas être assimilées à un phénomène généralisé.
Nizar Baraka, le ministre chargé des Affaires économiques et générales, a déclaré jeudi 27 août à Rabat que le gouvernement est déterminé à lutter contre la spéculation sur les prix alimentaires. Il a ajouté que toute activité illicite constatée lors de ces inspections avait été signalée aux tribunaux, et que les prix des produits alimentaires de base allaient redescendre dans les prochains jours.
Un comité interministériel doit se réunir pour analyser la situation. Hassan Bousselmane, directeur de la concurrence et des prix au ministère des Affaires économiques et générales, a déclaré que les prix non concurrentiels sont contrôlés. Les comités au niveau régional sont chargés du contrôle des prix, des mesures anti-fraude et des inspections vétérinaires, pour empêcher le stockage secret des produits.
Le stockage secret des produits alimentaires est passible d'une amende comprise entre 100 000 et 500 000 dirhams, et d'une peine de prison allant de deux mois à deux ans, a expliqué M. Bousselmane.
La députée Fatima Moustaghfir a expliqué à Magharebia que les hausses de prix durant le Ramadan sont étroitement liées aux habitudes de consommation des Marocains, qui sont pris par une frénésie d’achat. "C’est bien de protester contre la hausse des prix", affirme-t-elle, "mais avant, il faut changer la culture de consommation pour éviter le stockage des marchandises et les comportements frauduleux de certains commerçants." Elle explique que la publicité durant le mois participe largement à cette "fièvre acheteuse".
En attendant, les familles marocaines continuent de payer leur harira au prix fort.







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