Ben Ali entre dans la course tunisienne à la Présidence

2009-08-27

Le champ des candidats en lice pour les élections prochaines à la présidentielle en Tunisie a connu quelques changements cette semaine, le Président Ben Ali ayant soumis sa candidature un jour après que son rival issu du PDP, Ahmed Nejib Chebbi, se soit retiré du scrutin.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 27/08/09

[Fethi Belaid/AFP/Getty Images] Le Président Zine El Abidine Ben Ali salue ses partisans, mercredi, après avoir annoncé sa candidature aux élections du 25 octobre.

En Tunisie, le chef de l'Etat, Zine El Abidine Ben Ali, a officiellement rejoint le cercle des candidats dans la course au scrutin présidentiel, prévu le 15 octobre 2009.

Le Président a déclaré qu'il s'assurerait que la Tunisie "resterait toujours la nation du dur labeur, de l'ijtihad, de la modération, du dialogue, de la tolérance, de la solidarité et de la concorde", s'il était réélu pour un mandat de cinq ans.

Un jour auparavant, Ahmed Nejib Chebbi, du Parti Démocratique Progressiste, avait annoncé qu'il se retirait de la course à la présidentielle, déclarant qu'elle "manquait des exigences minimales en termes de liberté, d'intégrité et de transparence".

Il avait accusé les autorités "de fermer les portes de l'espoir au visage des tunisiens".

Chebbi, ancien secrétaire-général du PDP, avait commencé sa campagne de manière informelle il y a quelques mois. Sa candidature à la présidence était toutefois devenue officiellement illégale, après que le Gouvernement ait voté une loi qui exige de la part des candidats potentiels au poste de chef de l'Etat d'être élu secrétaire-général d'un parti reconnu.

Malgré le retrait de Chebbi de la course, il reste au moins trois rivaux qui affronteront Ben Ali lors du scrutin du mois d'octobre : Mohammed Bouchiha, du Parti de l'Unité Populaire (PUP), Ahmed Brahim, du Mouvement Ettajdid, et Ahmed Innoubli, de l'Union Démocratique Unioniste.

Le Président Ben Ali a réclamé une élection juste lors d'une réunion avec le Ministre de l'Intérieur qui a eu lieu le 15 août, demandant que "cette étape politique importante soit menée dans une atmosphère de transparence et de respect de la loi".

Pourtant, Ahmed Brahim s'est plaint d'une répression injuste exercée par le Gouvernement sur son parti et sur son journal. Au cours d'une conférence de presse, le 18 août, Brahim a déclaré que le Mouvement Ettajdid faisait part de sa "forte protestation" après que "les autorités aient complètement entravé les réunions politiques ordinaires et les activités du parti".

Il a affirmé que son parti avait dû renoncer à trois activités politiques dans la même semaine, après que les autorités aient exercé des pressions sur des hôtels de Tunis " pour les empêcher de louer des salles au parti pour lui permettre de tenir ses réunions".

Enfin, Brahim a accusé les autorités tunisiennes d'avoir gêné la distribution du journal hebdomadaire du parti, Attariq Aljadid. Il a appelé le Gouvernement à "mettre un terme à ces pratiques d'exclusion" et à offrir "les exigences minimales requises pour une compétition qui soit juste durant les élections".

Le 18 août, "une source anonyme proche du Gouvernement" a rejeté toute idée de pression exercée sur Brahim ou sur le Mouvement Ettajdid, qualifiant ces allégations de "complètement infondées". La déclaration, émise en Tunisie en direction des médias étrangers, assure aux lecteurs que le "Mouvement Ettajdid, comme n'importe quel autre parti politique en Tunisie, est libre d'organiser ses activités, tout comme d'exprimer ses opinions et ses positions".

Cette source déclare aussi que le problème rencontré par le parti dans les hôtels a été causé par un "chèque de banque incorrect" émis au moment des réservations.

Une autre source qui a voulu conserver l'anonymat dit à Magharebia : "Le chèque qui a été donné à l'hôtel était effectivement incorrect, car il était daté de 2000 et non de 2009." Le même responsable déclare que le parti a obtenu l'autorisation de se réunir à deux autres endroits, à Monastir et à Madhia.

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Mondher Thabet du Parti Social Libéral dit que son groupe n'a subi aucun harcèlement au cours de ses activités politiques. "Dans nos mouvements et activités partisanes, nous prenons soin de ne pas utiliser de slogans provocants", dit-il.

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Hicham Al Hajji, du bureau politique du PUP, dit à Magharebia que son parti " a mené beaucoup d'activités à l'intérieur comme à l'extérieur de la capitale, dans des endroits publics et privés, et nous n'avons jamais reçu rien d'autre que de l'aide".

Le 30 juillet, Abdelwaheb El Behi, Président de l'Observatoire National des Elections Présidentielles et Législatives, avait souligné l'impartialité de son institution. Il avait déclaré qu'il enregistrerait toutes les violations commises et qu'il travaillerait dur pour assurer un scrutin indépendant et transparent.

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comments

Anonymous En ligne 2009-08-27

Je me demande pourquoi tant de gens veulent garder l'anonymat sur Magharebia lorsqu'íl s'agit de la Tunisie, 'nation de la modération, du dialogue, de la tolérance, de la solidarité et de la concorde' comme le dit si bien le candidat Ben Ali. Même les sources gouvernementales, qui pourtant ne critiquent pas Ben Ali mais démentent les déclarations de ses concurrents préfèrent garder l'anonymat. Est-ce parce que les chances de Ben Ali pour gagner les élection sont vacillantes? Lui même semble douter de ses chances comme le rapporte Arfaoui: 's'il était réélu pour un mandat de 5 ans'. Donc sa réélection est plutôt aléatoire. Le temps des victoires avec 99,99% des voix semble révolu. Cette campagne de Ben Ali nous change de l'atmosphère des dernières élections Américaines. Obama et McCain ne doutaient nullement de leur chance de gagner. Pendant leurs apparitions publiques et dans leurs débats, chacun d'eux se montrait sûr de remporter la vitoire. Chacun d'eux était présenté par ses supporters comme le 'futur président de Etats Unis'. Le doute n'était pas permis. Ben Ali leur donne une lecon d'humilité et de modestie: Lui, il n'est pas sûr d'être élu. En Tunisie, ce sont les électeurs qui décident. Pour cette raison, les sources gouvernementales qui soutiennent Ben Ali ont tout à coup peur et préfèrent garder l'anonymat. Elles craignent la vengeance du prochain président Tunisien. D'après mes propres sondages, j'ai pu constater que la grande majorité des électeurs Tunisiens craignent aussi le prochain président Tunisien.

boughmiga En ligne 2009-08-28

La Tunisie est l'arche de Noé, de la paix et de l'humanité. Que touts les hommes de bonne volonté veillent à y préserver sa civilisation à la fois authentique et ouverte, ses valeurs acquises et ses potentialités promettantes pour notre survie commune.

maaroufi mouldi En ligne 2009-08-28

C'est un jour heureux pour tous les tunisiens et pour tous les arabes. Les aspirations, les actions, la pensée, l'approche, les visions, les résultats de BEN ALI pour clarifier la réputation du monde arabe arabe dans les plus grands bureaux au cours des vingt dernières années sont sans égal et je suis sûr qu'il y a encore beaucoup de choses à venir. Construire le rêve atteindre l'inatteignable harmoniser la vie de tous n'est pas une tâche facile, il faut des hommes de grande vision, au coeur pur et il faut beaucoup de courage et de sacrifices pour défendre le droit à l'amélioration de la vie de la population pour atteindre le rêve impossible dans le monde d'aujourd'hui.

Ahmed Charfeddine En ligne 2009-08-28

Je suis tunisien et j'observe les évènements de la pré-élection avec une conviction personnelle et indépendante selonquoi il n'est pas possible d'expliquer telle longue durée au pouvoir sans supposer qu'il y a eu une répression de personnalités politiques qui aurait pu avoir les traits et les capacités de chef-d'état. Du moins il y aurait eu des choses qui rendrait impossible à des personnes politiques compétente de monter et apparaitre sur la scène pour être reconnu par tout le peuple et être candidats au même niveau de popularité. Sinon, je pense que l'entourage politique s'est convergé vers une structure homogène selonquoi, Ben Ali et le parti au pouvoir sont la réalité et ce qui s'oppose à la réalité est en train de nuire aux intérêt de cet entourage. Puisque je pense qu'il est possible que tel entourage puisse recevoir plus d'intéret dans un système plus adéquat et judicieux et puis je suis convainc que le peuple peut espérer des conditions de vie bcp plus meilleure si les compétences nationales prennent la bride du pays, alors Ben Ali n'obtiendra pas mon vote la prochaine ré-élection.

hasni En ligne 2009-08-29

"Lui, il n'est pas sûr d'être élu" Mouhahahaha ! Clair, il ne gagnera qu'à 94% quelle horreur ! Etre obligé de truquer les élections mais pas jusqu'à 99, 99 %.

safi En ligne 2009-08-29

Je ne suis pas tunisien, ni même tunisien arabe. Mais je connais la Tunisie et les tunisiens - de nombreuses années passées là-bas. Et vraiment, le fait, que Ben Ali, je le respecte beaucoup, mais vraiment c'est étonnant, cet homme tant d'années C'EST LUI !!!!!! Les autres organisations politiques !!, mais ils ont tous peur de changer même le plus petit détail !!!!! Je souhaitze à ce pays le meilleur à l'avenir !!!

manoubia meski En ligne 2009-09-11

Pour choisir un candidat on ne le juge pas à travers les années qu'il a passées à gouverner mais on juge sa politique, ses réalisations, bref les résultats atteints.Ben Ali a entrepris des réformes révolutionnaires dans tous les domaines.Il a développé la Tunisie, en témoigne les rapports internationaux fiables, comme celui de Davos et les prix discernés au Président par des grandes institutions et organismes internationaux.Le pluralisme a vu le jour avec Ben Ali,les conditions de la démocratie sont visibles et se consolident de jour en jour.Par conséquent, je vote Ben Ali, garant de l'avenir.

Meski Manoubia En ligne 2009-09-12

Mon commentaire n'a pas été publié pourtant j'ai exprimé mon opinion sans offenser ni injurier personne ceci risque de mettre en doute votre impartialité.

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