Les Marocains célèbrent la Journée internationale de la Jeunesse en exprimant leurs inquiétudes
2009-08-14
Les jeunes Marocains ont profité de la Journée internationale de la Jeunesse pour réfléchir aux défis sérieux auxquels ils restent confrontés.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat — 14/08/09
![]() [Abdelhak Senna/AFP/Getty Images] Les jeunes Marocains expliquent ne pas vouloir la charité, mais seulement "une vie décente", libre de toute oppression. |
Aucune célébration majeure n'a marqué la Journée internationale de la Jeunesse, mercredi 12 août au Maroc, mais cela n'a pas empêché les jeunes de réfléchir à des préoccupations allant du chômage à la marginalisation.
"Célébrer cette journée internationale n'est pas le plus important", a expliqué Hind, une étudiante, à propos de cette journée annuelle décrétée par les Nations Unies pour mettre en lumière les questions de la jeunesse dans le monde entier. "Le plus important, c'est de s'occuper des jeunes, qui souffrent de la négligence de l'Etat, ce qui ne saurait se justifier car les jeunes sont la base du progrès."
Une inquiétude reprise par d'autres jeunes, parmi lesquels Abdullah, un jeune chômeur de Rabat.
Comme il l'a expliqué à Magharebia, "nous ne demandons pas la charité au gouvernement."
"L'un de nos droits est que chacun puisse avoir une vie décente, y compris les jeunes, qui sont opprimés", ajoute-t-il.
Ismail Hamraoui, président du Forum de la Jeunesse marocaine, a également imputé une partie des malheurs de la jeunesse marocaine à l'Etat.
"Les jeunes Marocains souffrent de plusieurs crises infrastructurelles évidentes qui exigent la reconstruction et la restructuration du secteur de la jeunesse, que ce soit au niveau des politiques publiques ou de la mise en oeuvre de ces politiques", a-t-il déclaré à Magharebia. "[L']Etat a le devoir de réhabiliter les jeunes, parce qu'ils connaissent ce que nous appelons, en dialecte marocain, la hekra ("l'outrage") sociale dans le sens de la marginalisation et de l'exclusion sous toutes ses formes."
"Il est du devoir de l'Etat d'essayer de changer sa mentalité statique, car il a affaire à des jeunes [qui connaissent] l'infériorité et la discrimination", ajoute Hamraoui. "Je tiens à réaffirmer que les jeunes Marocains ne sont pas des mineurs et… sont la clé du développement et de la véritable démocratie."
"La chose que nous remarquons au Maroc, c'est l'aversion des jeunes envers toute chose, par suite des mauvaises conditions dans lequelles ils vivent", a affirmé à Magharebia le président de l'Association des Jeunes pour les Jeunes, Emad Aqa.
"Or, les jeunes Marocains sont une catégorie vitale de personnes à qui il ne manque que les opportunités de travailler", ajoute Aqa, dont l'association a été l'une des rares à organiser des rencontres à l'occasion de la Journée internationale de la Jeunesse.
"Une fois ces conditions en place, ils obtiendront des succès remarquables, la preuve en est les jeunes Marocains qui vivent à l'étranger", a ajouté le président de cette association qui milite pour la création d'un Parlement des jeunes pour traiter quelques-uns des problèmes du Maroc.
La présidente de l'Association marocaine des Droits de l'Homme, Khadija Ryadi, a expliqué à Magharebia : "La condition des jeunes va du chômage et de l'oppression par les autorités au choix des "bateaux de la mort" [un moyen peu sûr d'émigrer clandestinement à l'étranger] à la recherche d'une meilleure vie."
"Les jeunes sont encore en lutte et ils sont présents dans le cadre des associations [marocaines]", ajoute-t-elle, soulignant que les jeunes sont encore "marginalisés par l'Etat, y compris dans les politiques dans lesquelles ils sont supposés jouer le plus grand rôle, les loisirs, l'innovation et le sport."
Pour sa part, Yacine Bezzaz, coordinateur général du Club des étudiants de l'Ecole de Droit de Rabat pour les droits de l'Homme, a déclaré à Magharebia : "Nous n'avons pas célébré la Journée internationale de la Jeunesse parce que la plus vaste catégorie de personnes concernées par la question, les étudiants, sont en vacances."
"L'un des problèmes les plus importants que rencontre aujourd'hui la jeunesse marocaine, c'est la faillite du système éducatif", explique Bezzaz. "Cela vient s'ajouter à d'autres problèmes sociaux,comme l'absence d'installations et la faiblesse du système de santé. En termes économiques, on constate une carence du droit au travail."
"Le moyen d'améliorer la condition de la jeunesse marocaine réside dans la coordination de [ses] efforts, l'organisation dans le cadre des associations et des partis politiques, et l'expression de ses demandes et de ses aspirations au sein de ces organisations", explique Bezzaz. "Parallèlement, l'Etat a le devoir d'écouter les demandes des jeunes, car ils représentent le groupe le plus important au Maroc et une immense ressource que les autorités doivent utiliser."
Bezzaz ajoute que la jeunesse marocaine se classe en quatre catégories : un groupe qui ne s'intéresse pas à ce qui se passe autour d'eux parce qu'ils sont préoccupés à consommer des substances interdites ; un autre qui comprend ceux que l'extrémisme attire ; un troisième qui ne se préoccupe que de ses intérêts personnels et pas du tout de l'intérêt du pays ; et une dernière catégorie qui regroupe quelques jeunes qui tentent d'instiller le changement et de faire avancer les choses.
"Tant que nous travaillons au sein d'associations et de partis politiques, nous avons l'espoir de changer les choses comme nous le voulons, dans le cadre de la prospérité et du progrès des jeunes et du reste du peuple marocain", conclut-il.







tun-68 En ligne 2009-08-16
un possible retour ??? quel titre... comment créer de faux débats, à défaut de parler des vrais sujets... on fait ce que l'on peut apparemment!
larbi aziane En ligne 2009-08-20
Dieu vous bénisse M. Imad. C'est tout ce que je peux dire.
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