Renforcement des liens entre la Tunisie et l'Algérie

2009-08-07

Deux des principaux acteurs du Maghreb arabe, la Tunisie et l'Algérie, ont décidé d'approfondir leurs relations dans plusieurs domaines clés tels que l'économie, la politique et les migrations.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 08/07/09

[File] Le ministre algérien en charge des Affaires du Maghreb et de l'Afrique Abdelkader Messahel a rencontré son homologue tunisien pour discuter de coopération sur des sujets allant du commerce aux migrations.

Les responsables tunisiens et algériens ont refermé mercredi 5 août leurs entretiens après avoir conclu des accords sur plusieurs sujets concernant les migrations, le commerce et la culture.

L'Algérie et la Tunisie doivent "renforcer au plus haut point les relations entre ces deux pays frères" et tisser étroitement leur "tissu d'intérêts mutuels", a déclaré Abdelhafidh El Hargam, secrétaire d'Etat tunisien en charge des Affaires du Maghreb, arabes et africaines, à l'ouverture de cette session de deux jours du Haut comité conjoint algéro-tunisien.

Lors de cette session, le comité a négocié neuf accords de coopération dans les domaines de l'économie, du commerce, de la culture et de l'éducation, et repris l'accord "dépassé" de 1963 pour mieux refléter les tendances actuelles des migrations entre les deux pays.

Au centre de cette session de deux jours se trouvait le volet humain des questions migratoires et économiques, dans lequel les deux pays ont un intérêt partagé. Un total de 19 500 Algériens résident officiellement en Tunisie, selon les chiffres du ministère algérien des Affaires étrangères ; les Tunisiens vivant en Algérie sont au nombre de 16 000, selon le ministère tunisien des Expatriés.

Les deux pays se sont engagés à garantir un traitement équitable aux communautés expatriées pour améliorer leurs conditions de vie, afin de permettre à ces migrants d'aider les deux pays à construire un "partenariat exemplaire dans la région".

Dans son discours d'ouverture, le ministre algérien en charge des Affaires du Maghreb et de l'Afrique, Abdelkader Messahel, qui coprésidait la session avec M. El Hargam, a souligné la dimension humaine des relations bilatérales.

Tout en reconnaissant que "certains problèmes en suspens" requièrent des solutions de la part des deux pays, M.Messahel a souligné la nécessité de "faire l'effort nécessaire pour réorganiser et adapter les relations humaines et la communication entre l'Algérie et la Tunisie".

Sur le renforcement des relations économiques, M. El Hargam a souligné l'importance qu'il y a à "accélérer la mise en oeuvre du cadre juridique de la coopération dans le secteur bancaire et financier, afin de suivre le développement constant des relations économiques entre les deux pays et mettre en oeuvre les projets bilatéraux envisagés dans les domaines des transports, notamment du transport terrestre".

L'Algérie et la Tunisie avaient signé un accord commercial préférentiel en décembre 2008, et se sont engagés à poursuivre les entretiens en vue de créer une zone de libre échange entre les deux pays. L'an dernier, le commerce bilatéral avait atteint 1,2 milliard de dollars, selon les estimations du comité.

Les analystes et les citoyens ordinaires des deux pays ont fait part de leur prudence quant aux résultats concrets de cette session.

Ben Hadid, un Algérien habitant en Tunisie, a exprimé des doutes sur le fait qu'un nouvel accord couvrant les droits de propriété pour les communautés d'expatriés des deux pays pourra répondre aux attentes. Il a affirmé : "Ces comités prétendent faire quelque chose, mais en réalité, ils ne peuvent rien faire."

"L'ouverture d'une petite boutique nécessite une licence que l'on n'obtient qu'après des mois et des années", a-t-il expliqué. "Et pour un Algérien, vendre un terrain hérité de son père qui a vécu pendant des dizaines d'années en Tunisie nécessite une autorisation du gouverneur. Cette autorisation n'est obtenue qu'après que le terrain a perdu sa valeur réelle par suite de l'inflation."

Noureddine Jaffal, un Algérien né en Tunisie, se dit néanmoins optimiste sur le fait que cette session permettra de résoudre enfin des problèmes restés longtemps en suspens.

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"Le plus important est qu'ils se sont enfin souvenus de nous et ont commencé à se pencher sur nos problèmes en tant que citoyens du Maghreb désireux de bénéficier de droits équivalents dans tous les pays du Maghreb où nous vivons", a-t-il conclu.

Commentateurs et analystes politiques s'interrogent eux aussi sur les progrès de ce conseil et sur les relations entre les deux pays.

"Nous devons, au moins dans les textes, distinguer officiellement le commerce transfrontalier et la contrebande qui s'étend sur l'ensemble de la frontière, durant toute l'année, et qui concerne un grand nombre de produits et de denrées", a déclaré à Magharebia Nasredine Ben Hadid, analyste politique et spécialiste des affaires du Maghreb. "Parallèlement, nous ne devons pas oublier ce que les touristes algériens ramènent de Tunisie."

L'Algérie et la Tunisie ont "des vues très proches sur un grand nombre de sujets, comme l'Union pour la Méditerranée", a souligné Nouredine Lembarki, du quotidien al-Watan. "Les aspects politiques des relations algéro-tunisiennes ont ces dernières années été liés à la lutte contre le terrorisme,qui est un danger qui menace les deux pays", a-t-il ajouté.

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نصر الدين بن حديد En ligne 2009-08-07

Les algériens en Tunisie, ou au moins la plupart d'entre eux, vivent dans des conditions misérables en premier lieu en raison de la négligence des autorités algériennes et principalement à cause des injustices et des abus perpétrés à leur encontre par les parties influentes en Tunisie. J'ai personnellement mené un recensement sur la base de documents et de preuves légales sur plus de 40 cas. Dans ces cas, les personnes influentes ont privé les algériens de leurs propriétés sans en avoir le droit. L'état n'a pas réagi et la justice ne leur a pas rendu leurs droits. Cela peut être affirmé, sur la base des normes de l'ONU et de celles du Département d'Etat américain, que les algériens en Tunisie sont effectivement une minorité opprimée. Il n'y a pas d'exagération en cela. Voilà qui exige une intervention rapide et urgente de la communauté internationale. Je citerai, en exemple, ce qu'a fait M. Abdelaziz Ayadi (qui était alors un représentant du conseil législatif dans les années 1970). Il a privé ma famille de sa terre et l'a donné à ceux qui le suivaient. Ce qui est arrivé était similaire à ce que nous avons vu dans les colonies dans la bande occidentale. Nous avons des documents, mais nous ne sommes pas propriétaires de la terre. Cet ancien député avait déclaré à cette époque (cela a été enregistré en justice) qu'il avait pris les terres parce que, comme il l'a dit, les algériens n'ont pas de droit de propriété en Tunisie. Le même raisonnement est suivi par Afikour Liberman en Israel. Il n'y a aucune différence entre les deux. Les nations-Unies et les pays principaux, en particulier les Etats-Unis devraient développer le principe "d'asile légal" au lieu "d'asile politique" parce que l'action politique est un acte volontaire. Toutefois, le droit à la protection légale est la situation originale qui devrait être offerte par la communauté internationale pour tout individu qui est victime d'une injustice là où il vit, dans un pays autre que le sien. Le Président Barack Obama qui est entré en politique par la porte des oeuvres humanitaires doit à tout prix accorder une priorité majeure à cette question parce que l'individu ne peut songer à entrer en politique quand ses droits sont violés dans des cadres "non-pacifiques". Nous voyons les reflets de cela à travers le délabrement des pays d'Etat et le développement d'autres formes de rapports (tribu ou équipe de football). Cela rend l'avenir - ce n'est pas du pessimisme - obscur. Je le dis et je le répète, j'espère qu'on prendra en considération le sujet, au moins à travers une couverture médiatique précise qui dépasse les compte-rendus.

جميلي م أ En ligne 2009-08-08

Salam alikum. Sincèrement, resserer les liens entre deux pays du Maghreb comme l'Algérie et la Tunisie de cette manière durable reflète la mise en oeuvre de la dépendance mutuelle dans les relations internationales. Cela donne plus de pouvoir au pays régional. Mais est-ce qu'il n'y a pas de compétitions entre les états du Maghreb arabe ? Est-ce que l'un de ces états n'aspire donc pas à obtenir le leadership, à appliquer ce principe pionnier au détriment des autres ? Je pense qu'il y a des intentions cachées par chaque état visant à obtenir le leadership en afrique du Nord. C'est leur droit, oui leur droit. Salutations au staff du premier journal dans le monde arabe “Magharebia”.

belhocine hacene president association En ligne 2009-08-11

cest vrai les relations fraternelles entre les 2 peuples algeriens et tunisiens ne datent pas d hier mais elles ont besoin d actualisation afin des les adapter a l etape actuelle a l instar des grands ensembles dans le monde surtout que nos 2 peuplesdes memes affinites donc il ssuffit d illiminer ttes les entraves pour mieux pour le bien de nos peuples merci

BEN En ligne 2009-08-13

On pourrait toujours rêver d'une normalisation dans un cadre maghrébin,mais toujours est-il,les amis tunisiens doivent remercier leurs amis marocains d'avoir favoriser ce rapprochement à "l'algérienne"vu la conjoncture politique entre l'Algérie et le Maroc qui ne cesse de rappeler les necessités d'une "normalisation" sérieuse.

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