Les musiques du monde menacent la musique mauritanienne traditionnelle
2009-06-23
Alors que les musiques du monde commencent à atteindre les rivages de la Mauritanie, certains musiciens s'inquiètent de l'avenir de la musique traditionnelle.
Par Mohamad Yahia Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 23/06/09
![]() [SEYLLOU/AFP/Getty Images] Par sa musique, l'artiste mauritanienne Al Ma'louma Bent Al Midah cherche à préserver le style traditionnel de son pays. |
Les artistes mauritaniens mettent en garde contre le fait que la mondialisation et l'exposition aux cultures et aux musiques étrangères contribuent à l'érosion de la musique traditionnelle de leur pays. Ils qualifient cette menace "d'invasion musicale de l'Orient et de l'Occident".
La plupart des jeunes ne portent plus grand intérêt à la musique locale. Ils lui préfèrent les rythmes occidentaux et orientaux. "Ils disent que c'est plus branché", constatent avec amertume les artistes mauritaniens.
"Aujourd'hui, la majorité des jeunes mauritaniens n'écoutent plus notre musique traditionnelle", affirme Mohamad Ould Ankimish. "Ils estiment qu'elle ne correspond plus au style de vie actuel."
Ces inquiétudes quant au manque d'intérêt pour la musique traditionnelle ont poussé l'artiste Iman Ould Aali, avec un groupe de musiciens et d'amateurs de sa musique, à fonder une association qui s'attache à faire connaître aux jeunes générations la musique traditionnelle et ses instruments.
L'objectif de cette ONG est de "répondre à la menace que constitue la musique étrangère, qui véhicule des coutumes et des traditions contraires à celles qui nous ont été enseignées, [et] qui portent atteinte à notre identité arabe", explique-t-il.
Ould Aali, joueur du traditionnel tednet, explique que les instruments sont également négligés.
"Nous avons remarqué que certains instruments anciens comme l'ardin et le tednet ne sont plus utilisés par les artistes. Ils ont été remplacés par la guitare et le piano."
De telles craintes semblent justifiées. La jeune génération semble en effet préférer les musiques venues de l'étranger.
"Franchement", explique Ahmad, 20 ans, "je me sens plus à l'aise avec la musique étrangère, occidentale en particulier. Mais je ne crois pas que cela constitue une menace pour notre patrimoine musical national."
Pour Wafaa, 22 ans, la musique locale est difficile à comprendre. "Les artistes choisissent souvent des paroles et des musiques du patrimoine qui sont difficiles à comprendre pour des jeunes qui n'ont jamais vécu dans le désert."
Joub Amado, propriétaire d'un magasin de disques, affirme que la jeune génération préfère les tubes. Ses clients sont en majorité des jeunes de 18 à 28 ans.
"Je vends près de quarante albums par jour, dont 80 pour cent d'artistes occidentaux ou orientaux. Nous constatons depuis peu une baisse des ventes des disques de musique locale, et nous n'en proposons donc plus beaucoup", explique-t-il.
Certains artistes de renom font de leur mieux pour préserver la musique mauritanienne en y insérant certains éléments de styles musicaux étrangers plus populaires.
Maalouma Mint El Meydah, star de la scène mondiale, est l'une d'entre eux.
"Il n'existe aucune contradiction entre musique locale et étrangère", explique-t-elle. "Chacune a ses caractéristiques propres et profite de l'autre. Les deux sont des expériences humaines qui méritent le respect. L'art ne connaît ni frontières ni barrières. C'est une langue qui unit toutes les nations."
Selon le directeur du Bureau mauritanien pour la promotion de la musique, Ahmad Ould Abb, le gouvernement tente de préserver le patrimoine musical national. Son organisme a lancé un programme de 7 millions de dollars destiné à préserver ce patrimoine. Ce programme est financé par l'Espagne et supervisé par le PNUD.
"Le Bureau est également en contact avec la Station de Radio nationale, le plus vieil institut des médias dans le pays, pour pouvoir accéder aux archives de musique et enregistrer et conserver le patrimoine musical et le transmettre aux jeunes générations", explique-t-il.
"Notre patrimoine musical s'expose aujourd'hui dans les musées", explique Ould Aali.
"Sans ces efforts visant à préserver la musique", poursuit-il, "nos rythmes et chansons populaires les rejoindront bientôt."







chacha En ligne 2009-06-23
vraiment c'est un grand probléme et vraiment j'aime bien cette article je suis chacha de tunis
Visiteur En ligne 2009-06-25
Les mauritaniens ne doivent pas defendre la musique traditionelle, la musique mondiale c'est le plus importante.
Griot En ligne 2009-06-26
J'aime cette belle femme beaucoup, elle a contribué fortemet dans la musique nationale. Je lui dis "tu est l'étoile de la nation".
lمحمد الامين ولد السييد En ligne 2009-06-30
Les pays ne se contruisent pas par la musique. Ils se construisent en récitant le Coran et en se concentrant sur toutes les étapes de l'éducation.
BRUNO En ligne 2009-10-02
APPRENENEZ D,UN PAYS VOISIN TEL LE SENEGAL,EN MAURITANIE ,LAMUSIQUE EST CENSUREE, AUTANT QUE LES DROITS DE L,HOMME MEUF MEUF,JODER QUE PAIS..............
محمد En ligne 2009-10-11
J'adore la musique mauritanienne et l'Hol moderne, en particulier l'artiste Ali Ould Yeddah.
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