Un jeune musicien tunisien cherche à faire revivre la musique berbère
2009-04-21
La musique berbère, avec son héritage unique et ses rythmes, trouve une audience grandissante au Maghreb comme à l'étranger. Sabri Aouni a choisi ce style comme spécialité, comme un petit nombre d'artistes.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 21/04/09
![]() [Getty Images] Aouni encourage les jeunes tunisiens à trouver un nouvel intérêt dans les traditions musicales locales. |
Sabri Aouni est un jeune musicien tunisien qui s'est éloigné du courant dominant, fouillant dans la musique berbère d'origine maghrébine. Aouni, dont la popularité n'a cessé de croître depuis qu'il a chanté "Berberiyat" en Tunisie et en Libye, évoque son art avec Magharebia.
Magharebia: Pourquoi avez-vous choisi la musique berbère en particulier ?
Sabri Aouni: L'intérêt que je porte au rythme et à ses particularités m'a amené à fouiller profondément, à creuser notre héritage musical. J'ai découvert alors que les premiers instruments utilisés par les habitants originaux, dont faisaient partie les nord-africains, étaient des instruments rythmiques.
Magharebia: Qu'avez-vous découvert sur la musique ?
Aouni: J'ai découvert qu'elle était riche, et qu'on l'utilisait rarement. Contrairement à la musique commune ou andalouse qui est très répandue dans les états du Maghreb arabe et qui se limite à certains Maqams, la musique berbère est ouverte et développée.
Magharebia: Vous dites qu'elle est donc développée, mais rarement utilisée. Quelle en est selon vous la raison ?
Aouni: La raison majeure est que les générations précédentes de musiciens en Tunisie ont amené les générations plus jeunes à s'intéresser aux musiques arabes et orientales, qui sont devenues leur centre d'attention majeur. L'héritage local, d'un autre côté, a été presque négligé.
Magharebia: Comment faire revivre cette forme artistique ?
Aouni: Cette musique peut revivre en la préservant d'un côté, et, de l'autre, en la développant et en lui infusant de la musique étrangère, afin qu'elle puisse intéresser un public plus large.
Magharebia: Pensez-vous que les autorités de Tunisie s'intéressent au développement et à la préservation de ce type de musique ?
Aouni: Il y a presque quatre ans, la musique berbère a commencé à attirer l'attention, en particulier quand le Ministère de la Culture s'est intéressé à la question de la préservation de notre héritage. Toutefois, le soutien accordé aux concerts est encore très faible.
Magharebia: Le public tunisien s'intéresse-t-il à la musique berbère ?
Aouni: Au début, j'ai fait des solos, qui ont été très populaires. J'ai senti que le public était affamé de rythmes. J'ai alors ajouté quelques musiciens, et le groupe est maintenant composé de vingt personnes. J'ai également introduit de nouveaux instruments comme le Nay et le Jemberi.
Magharebia: Quels sont vos projets pour l'avenir ?
Aouni: Je veux partir en France, parce que je sens que je vais réussir là-bas.
Magharebia: Et pourquoi est-ce que vous ne "réussiriez " pas en Tunisie ?
Aouni: En Tunisie, il y a des idées préconçues auxquelles nous ne pouvons pas échapper. Les tunisiens croient que les instruments rythmiques n'existent que pour assurer de simples spectacles folkloriques.
Magharebia: Est-ce que vous avez contacté d'autres musiciens du Maghreb pour arranger des concerts communs ?
Aouni: J'ai pensé à m'unir avec d'autres musiciens du Maghreb. Toutefois, je ne suis jamais parvenu à rentrer en contact avec aucun d'entre eux. En même temps, j'aimerai pouvoir monter sur scène avec des musiciens chinois parce qu'ils ont une longue tradition du rythme, et qu'il serait merveilleux d'assister à un concert donné conjointementpar un artiste nord-africain et un autre qui viendrait d'Asie.
Magharebia: Quel est votre message à l'intention de votre génération de musiciens ?
Aouni: Je pense qu'un artiste devrait rechercher son identité propre avant toute autre chose. Les artistes tunisiens, de nos jours, chantent tous les genres de musique et ils n'ont aucune idée de leur orientation correcte. Je les presse de se mettre en quête de leur identité parce que ce sera leur point de lancement vers le succès.







Anonymous En ligne 2009-04-21
Encore un jeune homme qui veut quitter le pays et partir en France à la recherche de son identité si j'ai bien compris. C'est le conseil qu'ils donne aux autres. Si on comptait tous ceux qui veulent quitter et ceux qui se sont noyés en chemin, il doit y avoir un sérieux problème d'identité en Tunisie. Toute la question est de savoir pourquoi, étant donné que tout va très bien en Tunisie. Ce jeune homme devrait lire la presse de son pays pour se convaincre.
ouassila En ligne 2009-04-22
je suis algerienne et je suis ravie que de jeunes maghrébins s'interessent à notre culture ancestrale et si riche je lui souhaite de perseverer.
massinissa En ligne 2009-04-27
je suis un berbère d'Algérie, je suis très contant de me rendre compte de la présence des personne comme vous Mll, qui se souviennent encore du passage d'un peuple qui qui à l'origine de leur existence, et qui s'appelle les berbères, les amazighs.
saoud En ligne 2009-04-28
Salut à tous. Sincèrement, vous êtes ce que vous êtes dans ce que l'on appelle le Maghreb, Kabyles, Arabes, ou ce que vous pensez être. Vous êtes qui vous êtes. Ne voyez-vous aucune chose sur laquelle vous pourriez vous entendre ? Essayez de penser à ça.
Aksel-2 En ligne 2009-04-29
Chers frères, azul. Je vous salue pour le grand effort que vous déployez afin d'éveiller les consciences des populations d'Afrique du Nord sur leur réalité, après que la culture orientale ait presque ravalé tout le monde. Visitez le blog du Docteur Ourghemmi Tanemmirt
Rifo En ligne 2009-04-30
Souad, ne sois pas stupide, les gens au Maghreb savent qui ils sont. Ils sont tous imazighen et maintenant on les a réveillés et ils essaient de retrouver leur héritage.
Moroccan En ligne 2009-05-02
C'est un délice pour moi de voir que certains Imazighens commencent à se montrer et à dire que oui, nous sommes là. Au Maroc, le mouvement amazigh a commencé avec la musique et a atteint le niveau où il est. Dieu vous bénisse, Imazighens, et qu'Allah vous aide à obtenir la victoire sur le radicalisme arabe, la peste du monde moderne.
تونسي En ligne 2009-05-21
Les populations du Maghreb doivent se réveiller. Je ne veux pas parler du Maghreb arabe, de l'hégémonie égyptienne et arabes. Nous sommes les fils de Yougarta, d'Al Kahena, de Tarek Ben Ziyad, d'Assad ben Forat et de l'Emir Abdelkader.Nous n'avons pas besoin de rester devant des monuments ou de recevoir des leçons de chevalerie. Nous avancerons libres, comme nous nous qualifions nous même, pour porter notre drapeau parmi les nations.
حاتم En ligne 2009-06-08
Tout d'abord, salutations à vous. En second lieu, la musique chantée par le frère Sabri Aouni n'appartient pas à l'art tunisien. Elle fait partie de l'art amazigh, elle est d'origine libyenne. Elle est connue en Libye sous le nom de Zakra. Les régions les plus célèbres à l'utiliser en Libye sont Jadou, Caba, Nalout et Ifren. Cette musique prend place chez nous au cours de toutes nos fêtes et lors d'événements sociaux. Un festival est organisé le premier jour de l'Aid Al Adha dans la ville de Jadou, qui présente cet art ancien. Merci beaucoup.
amar En ligne 2009-09-01
je suis toujour avec vous
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