La révocation du maire de Meknès suscite une controverse

2009-02-04

Le ministère marocain de l'Intérieur a révoqué le maire de Meknès dans le cadre d'une série de révocations intervenues depuis un an. Les responsables du PJD dénoncent les motifs du ministère, à l'approche des prochaines élections locales du 12 juin.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 04/02/09

[Sarah Touahri] Le wali directeur général Mohamed Fassi Fihri (au centre) a déclaré que les récentes révocations de responsables publics visaient à renforcer la transparence de l'administration territoriale.

Le ministère de l'Intérieur a révoqué dix-huit présidents de conseils de différents partis politiques en 2008, ainsi que des dizaines de responsables élus locaux et de représentants des collectivités territoriales. Mais la dernière de ces révocations, celle du maire de Meknès, a suscité une très vive contestation depuis son annonce, vendredi 30 janvier.

Le Parti pour la Justice et le Développement (PJD), le parti du maire, s'est déclaré outré par la gravité de cette initiative et par le moment choisi, à quelques mois seulement des prochaines élections communales, le 12 juin.

Selon le wali directeur général de l’Inspection générale de l’administration territoriale Mohamed Fassi Fihri, l’objectif est d’assainir la gestion au niveau local et de rendre la direction des communes plus efficace et plus transparente.

Il a expliqué dans un point de presse, lundi 2 février, que l'Inspection générale mène des opérations d'enquête de routine à chaque fois que des indications laissent apparaître l'existence de dysfonctionnements émanant de rapports, notamment des autorités administratives et des Cours régionales des comptes, ainsi que des doléances et plaintes de parlementaires, de conseillers communaux, de citoyens, d'associations ou autres.

Le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane a organisé une conférence de presse samedi 31 janvier pour dénoncer la révocation du maire de Meknès, Aboubakr Belkoura.

"Je ne dis pas que Belkoura ne peut pas commettre des erreurs. Mais il aurait fallu recourir à la justice pour prononcer un tel verdict. La révocation de cette manière nous pousse à avoir des doutes sur les intentions derrière une telle mesure", a-t-il déclaré, laissant entendre que cette mesure était en fait destinée à affaiblir le PJD à l'approche des élections.

Le ministère de l'Intérieur rejette les accusations du PJD.

"La moitié des sanctions ont été à l’encontre des partis de la majorité", a déclaré M. Fassi Fihri. "Nous sommes étonnés de la réaction d’une seule formation. La lecture donnée à cette mesure n’a aucun fondement."

Fassi Fihri a expliqué que plusieurs rapports avaient fait état de mauvais comportements de la part du maire de Meknès, dont une infraction aux règlements et textes relatifs aux marchés publics, le refus du maire de prendre des mesures contre les entreprises qui ne respectent pas les normes des cahiers des charges dans la réalisation des travaux, la délivrance de huit permis de construire et de dix-huit permis d’habitat d’une manière illégale.

Une dérogation exceptionnelle avait par ailleurs été octroyée à l’épouse du maire pour la construction d’une résidence de deux cents appartements dans une zone de villas. Est également concernée son exonération fiscale illégale pour ce projet de construction, au prétexte qu’il s’agit de logements sociaux, une exonération d'une valeur de 1 016 980,55 dirhams. La vente de ces appartements s’effectue par ailleurs pour le compte d'une entreprise dont le maire est actionnaire à 99 pour cent.

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Alae S., un jeune cadre habitant Meknès, a expliqué à Magharebia que "plusieurs habitants avaient envoyé leurs plaintes aux responsables", car les agissements du maire étaient connus de tous.

"Pour certaines personnes, les récentes révocations peuvent être un encouragement à aller voter en confiance, voyant qu’il existe des entités de contrôle, mais pour d’autres, cela pourrait avoir l’effet inverse, en continuant de perdre confiance dans la vie politique", explique le professeur de sciences politiques Ahmed Azougani. "Le recours à la justice aurait été une bonne solution pour faire taire toutes les accusations."

L’Inspection générale a effectué quelque 188 missions en 2008, dont 65 missions de contrôle de la gestion des collectivités locales urbaines et rurales, 70 missions d'audit des projets de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), et 59 missions d'enquête sur des questions concernant les collectivités locales et les entités territoriales.

Le résultat a été 43 mesures prises, dont la révocation de 18 présidents de communes, notamment les présidents des arrondissements de Aïn Sebaa et de Aïn Chock, des communes de Khouribga, Oulmès, Moulay Abdellah, Meknès, Lahraouiyine et Beni Khaled. Vingt vice-présidents de conseils communaux et de conseillers communaux ont été révoqués, et cinq présidents de conseils communaux et leurs adjoints suspendus.

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comments

JEAN-MICHEL WRTISH MUNICH U.E En ligne 2009-02-06

VIVE LE ROYAUME DU MAROC,VIVE LE ROI MOHAMED 6,.........

صالح En ligne 2009-02-07

La loi ne protège pas les gens stupides.

سوما En ligne 2009-02-12

Sincèrement, votre comportement montre une grande imprudence en particulier durant les élections - elle pourrait avoir un impact négatif. Cela pourrait faire perdre confiance aux citoyens dans tous les partis. Et cela rendra encore pire la participation électorale.

SIMO En ligne 2009-04-20

ça confirme ce qu'on a toujours ecrit...il y a des gens qui se servent de la religion en politique, pour arriver à leurs buts mercantiles.. tres "terres à terres"...d'ou la necessité de separer totalement les 2 et d'interdire à tous politiciens de se referer ou de s'appuyer sur la religion en politique...la religion doit etre respectée ...et laissée en paix... un combat politique doit se baser sur des idees ,des programmes.des projets....et non sur un "fonds de commerce" appelé religion.ce fond de commerce appartient ç tout le monde et personne ne peut pretendre etre le seul.."musulman"..ou plus musulman que ses concurrents..politiques.

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