Les écoles algériennes lancent un vaste programme d'éducation aux technologies de l'information
2009-01-23
L'Algérie a lancé ce mois-ci un ambitieux programme visant à introduire l'informatique dans chaque classe et à exiger une formation aux technologies de l'information et de la communication pour les personnels de l'éducation. Pour certains enseignants, la transition s'avère toutefois difficile.
Par Mohand Ouali pour Magharebia à Alger - 23/01/09
![]() [Getty Images] Le gouvernement algérien envisage d'équiper toutes les écoles du pays en ordinateurs. |
Les technologies de l'information et les compétences informatiques atteindront prochainement un nouveau niveau dans les écoles algériennes. Le gouvernement envisage de distribuer des ordinateurs dans chaque école du pays et s'attend à ce que les enseignants et les élèves les utilisent dans la quasi-totalité des disciplines, a affirmé le ministre de l'Education Boubekeur Benbouzid aux parlementaires, le 15 janvier.
Une conférence nationale sera organisée dans les prochains mois pour mettre en oeuvre cette stratégie des TIC proposée pour la première fois par l'Institut National de Recherches Educatives. Dans un premier temps, ce programme concernera 1 600 lycées et 2 000 collèges. D'ici la fin de 2009, au moins 5 000 collèges seront entièrement équipés d'ordinateurs.
Le gouvernement a déjà affecté le budget à ce programme ambitieux, a expliqué M. Benbouzid.
Jusqu'à présent, le recours à l'informatique dans le système éducatif algérien se limitait aux services administratifs. Mais ces dernières années, le programme visant à introduire l'ordinateur dans les salles de classe a gagné en intensité.
"L’idée de départ était d’installer un laboratoire dans chaque lycée et collège, mais l’expérience a montré que cela était insuffisant et le gouvernement a décidé de les doter d’un second laboratoire. Ce plan a été élargi ensuite pour comprendre les écoles primaires. L’objectif final était d’utiliser l’ordinateur comme outil d’enseignement pour toutes les matières", a expliqué Tahar Boumédiene, directeur du Centre d’Approvisionnement et de Maintenance des Equipements et Moyens Didactiques (CAMEMD).
Depuis 2006, date à laquelle le programme s'est accéléré, 80 pour cent des lycées et 20 pour cent des collèges ont été équipés, a expliqué M. Boumédiene à Magharebia, ajoutant que "d’autres appels d’offre vont suivre pour l’acquisition de près de 4 000 laboratoires".
Cette acquisition de matériels est facilitée par la baisse des prix. "Nous avons démarré par une dotation d’environ 2 millions de dinars pour chaque établissement, soit 16 ordinateurs par structure. Les coûts d’équipement ont diminué de moitié", a-t-il souligné.
En septembre dernier, le Président Abdelaziz Bouteflika avait demandé au gouvernement de veiller à doter l'Education nationale des ressources et des moyens destinés à généraliser réellement l'enseignement de l'informatique et des nouvelles technologies de l'information à tous les niveaux de la scolarité, y compris au cycle primaire.
L'objectif est ambitieux, au vu de la taille du secteur. Les écoles algériennes ont accueilli plus de huit millions d'élèves lors de la dernière rentrée scolaire, le nombre d'établissements est passé à près de 25 000, et le secteur de l'éducation emploie actuellement plus d'un demi-million de personnes.
Ce nouveau programme d'informatisation des écoles requiert également des formateurs et des enseignants spécialisés pour garantir le succès de l'opération. Or actuellement, l'Algérie manque du personnel nécessaire pour atteindre les objectifs fixés.
Le gouvernement a donc demandé aux directeurs des écoles et aux enseignants de suivre des programmes de formation en informatique pour pouvoir ensuite l'enseigner à leurs élèves. D'ici fin janvier, toutes les écoles devront avoir mis en place des programmes de formation d'au moins 30 heures, que les personnels seront obligés de suivre en-dehors des heures de travail normales.
"Dans certaines écoles, cela se passe très bien parce qu’il y a une volonté de la part des enseignants, du chef d’établissement et des élèves. Dans d’autres, cela va moins bien. Certains craignent la nouveauté", a expliqué M. Boumédiene.
O. Haciba, professeur de mathématiques dans un lycée de Bab El Oued, à Alger, ne cache pas son irritation face aux décisions qui viennent "d'en haut".
"Les enseignants sont laissés dans le flou. On ne sait pas dans quelle direction cela va exactement, ni le contenu pédagogique concret de ce projet." Pour cette enseignante syndicaliste, le projet doit faire plus que perpétrer le scénario actuel, "où l’élève utilise l’ordinateur pour simplement copier des documents sur Internet".
Malgré les défis posés par le projet de rendre la culture informatique universelle, les responsables du secteur de l'éducation sont satisfaits des résultats et optimistes pour l'avenir. "Le nombre d’ordinateurs par établissement est beaucoup plus important qu’au Maroc et qu’en Tunisie", a déclaré M. Boumédiene à Magharebia.
"Notre espoir", a-t-il ajouté, "est d'équiper chaque élève d'un ordinateur".







احد تلاميذ En ligne 2009-01-25
C'est une bonne nouvelle, meilleure que la loi interdisant le maquillage et autres. C'est le progrès et le développement. J'espère que cela sera mis en oeuvre très bientôt et que cela laissera la liberté aux individus. Vive l'Algérie. Nous ne laisserons pas tomber Gaza. Nous sommes avec toi, peuple de Gaza.
صبرينة En ligne 2009-01-27
L'école est très bonne parce qu'elle est en Algérie. L'Algérie est un pays merveilleux. Sa population est fantastique. Nous mourrons pour l'Algérie.
saidani miloudi En ligne 2009-02-13
Avec les installations de TI qui sont largement partout, il arrive un moment où toutes les écoles et où toutes les écoles et les professeurs disparaîtront. Alors de nombreux professeurs et personnels se retrouveront sans emplois dans la rue. C'est ça le progrès et la mondialisation.
Zeina En ligne 2009-03-04
Je pense que cela présente un léger désavantage, parce que le système de l'éducation peut contribuer ainsi au fait que les enfants auront moins d'interaction sociale et de contact les uns avec les autres. Dans un sens, introduire les ordinateurs dans les école, cela isole les enfants et cela peut briser la fabrication sociale de la société, dans la mesure où les enfants doivent apprendre les uns des autres. Cela poussera les enfants dans la consommation de masse et risque de créer une uniformité de l'éducation, tout en faisant disparaître la beauté de lire des objets tangibles.
محمد En ligne 2009-04-30
Merci beaucoup pour cette information. Je vous en demande davantage.
شهلة En ligne 2009-09-30
C'est devenu difficile pour nous de croire en de telles promesses. Au lycée, où je fais mes études, il n'y a pas de professeur de français, pas de technologies, pas d'informatique. Nous avons besoin de beaucoup de matériel, dont des ordinateurs. Nous en avons quatre, mais ils ne marchent pas.
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