Les Etats Généraux de la Démocratie fixent la date des élections présidentielles en Mauritanie

2009-01-08

Après dix jours de délibérations, la direction politique mauritanienne a finalement fixé au 30 mai la date des prochaines élections présidentielles. A l'ordre du jour des entretiens ont également figuré les réformes constitutionnelles visant à modifier l'équilibre des pouvoirs.

Par Mohamed Khattat et Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 08/01/09

[Mohamed Khattat] Les Etats Généraux de la Démocratie ont fixé la date des élections en Mauritanie et annoncé les futures réformes.

Les responsables mauritaniens sont parvenus à un accord, lundi 5 janvier, sur au moins une mesure destinée à restaurer la démocratie dans ce pays troublé par le coup d'Etat. Il a été décidé lors de la conclusion des dix jours de ces Etats Généraux de la Démocratie (EGD) qui se sont tenus à Nouakchott que les élections présidentielles auront lieu le 30 mai 2009, avec un éventuel second tour le 13 juin.

Ces EGD, organisés par le Haut Conseil d'Etat (HCE), qui avait pris le pouvoir en août dernier en renversant le gouvernement démocratiquement élu du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, ont rassemblé 1 500 représentants de la classe dirigeante mauritanienne.

Face aux énormes pressions internationales visant à restituer le pouvoir aux civils dans le pays, le chef de la junte, le général Mohammed Ould Abdelaziz, et le HCE ont décidé d'instaurer un forum de discussions sur la constitution, les rôles et les pouvoirs du prochain chef d'Etat et de l'armée dans une Mauritanie démocratique.

La participation à ces EGD a été forte, malgré le boycott déclaré du Président déchu Abdellahi et du Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD), opposé au coup d'Etat. Les participants représentaient les deux tiers du parlement, 191 des 216 maires en poste en Mauritanie, des représentants des partis politiques qui avaient apporté leur soutien au coup d'Etat, et des notables régionaux et religieux.

Etaient également présents le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) dirigé par Ahmed Ould Daddah, et l'Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement du Renouveau (AJD/MR) d'Ibrahima Sarr.

Pendant dix jours, les participants ont débattu de questions politiques réparties en sept ateliers : organisation des pouvoirs publics ; institutions politiques ; organisation des élections ; supervision et observation des élections ; calendrier électoral ; société civile, médias et élections ; le rôle des maires en tant qu'acteurs du développement.

Outre la fixation d'une date pour cette élection, les EGD ont recommandé une réforme constitutionnelle des articles relatifs à l'élection et la destitution du Président de la République, à l'équilibre des pouvoirs entre le Président et le parlement, et au statut des forces armées. De plus, ils ont prévu une période de transition de six mois pour le retour à la démocratie. Mais les participants n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la question de l'éligibilité des militaires à ces élections.

"Le résultat de ces forums publics n'est pas ce que j'attendais", a déclaré Sayed Ould Elb, le directeur d'une ONG qui participait à ces états généraux. "Il était nécessaire de parvenir à un consensus sur la nécessité pour les membres du conseil militaire de se présenter lors des élections prévues en mai prochain."

L'ancien député Sayyid Ahmed Ould Al Talib a fait part de son inquiétude sur le même sujet. "Jusqu'à présent, le [HCE] n'a pas choisi la neutralité lors des élections ; cela ne promet pas un avenir démocratique", a-t-il déclaré. Son groupe a présenté une proposition sur la question au comité chargé de superviser les élections, mais il n'a bénéficié d'aucun consensus.

"Quel est le bénéfice de telles consultations, si les questions controversées ne sont pas résolues ?", s'est-il interrogé.

S'exprimant à la fin de ces états généraux, le général Mohammed Ould Abdelaziz s'est engagé à appliquer les recommandations émises. "Aujourd'hui, nous sommes parvenus aux conclusions qui résument vos opinions et votre vision sur les principales questions pour la période à venir... Comme je l'ai dit à l'ouverture de ces débats, le Haut Conseil d’Etat appliquera fidèlement tout ce qui a recueilli la majorité dans ces Etats Généraux de la Démocratie."

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Les réactions aux conclusions de ces EGD ont été diverses. Eberhard Schanze, l'ambassadeur d'Allemagne à Nouakchott, a déclaré : "Quand j’ai vu le projet du communiqué final, j’ai constaté qu’il reflètait le sérieux des discussions qui ont été très ouvertes, très franches et très sérieuses. J'ai aussi lu entre les lignes une volonté très profonde des participants allant dans le sens de chercher sérieusement des solutions pour les questions abordées. Mon impression est que ce qui s’est passé n’est pas fabriqué."

Le leader de l'opposition et président du RFD Ahmed Ould Daddah a déclaré dans un communiqué publié mardi qu'il "ne se considère pas lié" par une quelconque conclusion de ces états généraux. Ces ateliers, a-t-il affirmé, "ont été largement ouverts aux laudateurs connus qui ont toujours applaudi les différents régimes qui se sont succédés, détournant par là même la concertation de son objet réel."

Il a ajouté que les conclusions de ces assises ne reflètent pas les opinions et avis exprimés par les participants. Répondant aux rumeurs concernant la candidature du général Mohamed Ould Abdel Aziz à la prochaine élection présidentielle, M. Ould Daddah a déclaré aux journalistes : "Ce serait catastrophique, et pour la démocratie, et pour une réelle sortie de crise, car la non-candidature des militaires est un point essentiel pour qu'il y ait une élection libre, honnête et transparente."

Boidiel Ould Houmeid, président en exercice du FNDD, est allé plus loin, décrivant les EGD lors d'une conférence de presse organisée mercredi comme "une entreprise illégale visant à légitimer le fait accompli du coup d’Etat".

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guest En ligne 2009-01-11

La démocratie est un grand mensonge. La Mauritanie a besoin d'un leader fort qui la gouverne d'abord avec le fer, sinon, elle pourrait s'ajouter au Maroc. Le Maroc et la Mauritanie sont reliés étroitement. Si les Mauritaniens sont incapables de diriger leur pays, et c'est le cas, ils doivent faire partie du Maroc et vivre sous le règne d'un royaume.

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