L’abolition de la peine de mort différemment appréciée par les Algériens
2008-10-23
Les Algériens éprouvent des sentiments très partagés à propos de la peine de mort. Pour certains, elle est contraire au droit à la vie, pour d'autres, c'est le droit à la vie des victimes du terrorisme qui doit prévaloir.
Par Achira Mammeri pour Magharebia à Alger – 23/10/08
![]() [Getty Images] L'une des principales organisations algériennes de défense des droits de l'Homme va présenter un rapport au Président Abdelaziz Bouteflika, demandant l'abolition de la peine capitale. |
L'une des principales organisations algériennes de défense des droits de l'Homme se prépare à présenter un rapport au Président Abdelaziz Bouteflika, demandant au chef de l'Etat d'abroger les dispositions autorisant la peine capitale dans le Code pénal du pays.
Ce rapport, publié par la Commission Nationale Consultative pour la Promotion et la Protection des Droits de l'Homme (CNCPPDH), comportera un ensemble d'arguments en faveur de la suppression de la peine de mort, explique Farouk Ksentini, avocat et président de cette commission.
La peine capitale viole le droit fondamental à la vie des êtres humains, explique Me Ksentini, et "n’a aucun effet dissuasif sur le phénomène de la criminalité".
Ce rapport devrait être déposé sur le bureau du chef de l'Etat d'ici la fin du mois.
Selon la législation algérienne, la trahison, l'espionnage, les tentatives de renverser le gouvernement, la destruction de biens, le massacre, le viol d'enfants et le terrorisme sont tous passibles de la peine capitale. Mais cette sentence n'a pas été appliquée depuis 1993, lorsque sept terroristes avaient été exécutés après leur attaque contre l'aéroport d'Alger, qui avait fait quarante victimes.
En 2001, le Président Bouteflika avait gracié 116 prisonniers condamnés à mort sans relation avec le terrorisme. En dépit de ce moratoire sur les exécutions, les tribunaux algériens continuent de prononcer des peines capitales, souvent par contumace, dans des procès liés au terrorisme.
Plusieurs organisations des droits de l'Homme et autres militants, y compris des parlementaires, demandent depuis longtemps que ce moratoire soit converti en interdiction officielle.
A la mi-octobre 2006, un projet de loi sur le sujet avait été rejeté à la quasi-unanimité par le parlement algérien.
Mais depuis, les positions des parlementaires ont évolué.
Le Front de Libération Nationale (FLN) estime désormais que le droit algérien devrait suivre les évolutions de la société, et se prononce en faveur de "l'abolition progressive" de la peine capitale.
Pour tenter de rallier les islamistes, qui mettent en avant l'argument de la religion, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a à maintes reprises affirmé que "l’abrogation de la peine capitale n’est pas contraire à l’Islam, puisque pour cette religion, la primauté de la vie est la règle".
"L’Islam favorise le pardon, la grâce et le règlement sans mort d’homme. Dieu est le seul maître à donner la vie à l’Homme", expliquent les représentants d'un autre parti islamiste, le Mouvement pour la Société de la paix (MSP).
Le gouvernement a laissé entendre à plusieurs occasions qu'il pourrait abolir la peine de mort, mais n'a jamais donné suite à ces propos.
Les adversaires de cette abrogation ont pour leur part accentué leurs mises en garde.
"L'abolition de la peine de mort", déclaré Me Ben Aicha, "aura des répercussions négatives sur la société et ouvrira la porte à l’impunité, qui favorisera l’aggravation du taux de la criminalité."
Me Bachir Menad a utilisé les colonnes du quotidien El Khabar pour mettre en garde le gouvernement de ne pas "se soumettre aux pressions étrangères."
Certains Algériens sont favorables au maintien de la peine capitale.
"J'ai quelques questions à poser à ces gens", explique Souhil, un étudiant de 29 ans, en parlant des partisans de l'abrogation.
"Vous défendez le droit à la vie pour les terroristes qui ont tué des innocents. Mais qui, de grâce, va défendre celle des morts, des enfants égorgés, des familles exterminées, des femmes violées, des fœtus qui n’ont pas vu le jour parce que des hommes en ont décidé ainsi, contre la volonté de Dieu ?", demande-t-il.
Selon Amnesty International, l'Algérie a exécuté 217 prisonniers depuis son indépendance en 1962. Les chiffres actuels montrent que près de 200 prisonniers attendent dans les couloirs de la mort des prisons algériennes.







Dziri58 En ligne 2008-10-23
L'Algérie ne devrait jamais abandonner face à ceux qui soutiennent l'interdiction et qui sont influencés par des ONG extérieures et étrangères avec des ordres du jour dissimulés. Ces dernières aboient en permanence sur ces sujets, mais elles ne semblent jamais s'en prendre aux superpuissances comme les Etats-Unis ou la Chine qui continuent à agir, malgré ce que ces ONG ou ce que les pays européens peuvent dire ou penser. Je vis au Royaume-Uni et je peux vous assurer que les sondages d'opinion montrent qu'en moyenne 60% de la population voudrait le rétablissement de la peine de mort, car la majorité des gens sont simplement las et en ont assez d'entendre ces crimes atroces commis par des pédophiles et des tueurs en série, sans oublier les terroristes qui tuent aveuglément et sans préjudice aucun les civils qu'ils croisent sur leurs routes. L'Islam nous enseigne à être miséricordieux et à pardonner, mais nous apprend aussi à nous mettre en quête de la justice pour les victimes, les pauvres et les opprimés. Vous pouvez pardonner à quelqu'un qui dans un moment de colère, de provocation, d'auto-défense ou d'inattention va prendre une vie, mais comment pourrait-on pardonner à quelqu'un qui volontairement et de manière répétée commet des meurtres prémédités sur des victimes innocentes, des civils, des enfants, ou comment pardonner à quelqu'un qui commet des génocides, etc... ?
Toufik En ligne 2008-10-23
Une mesure décente, qui apaiserait les familles des victimes, serait tout d'abord d'exécuter tous ceux qui se trouvent dans les quartiers des condamnés à mort, et notamment ceux qui sont accusés de terrorisme, puis seulement après d'abolir la peine capitale.
محمد En ligne 2008-10-23
Pas besoin de dire que les droits de l'Homme sont violés quand la loi s'applique à un criminel. Il y a certaines affaires malsaines qui ne sont dignes que de cautérisation ou d'amputation d'un membre du corps, en fonction du cas. Si la violence doit être pratiquée contre certains pour que les autres vivent en sécurité, on ne peut pas s'y opposer. Mais exécuter des innocents n'est pas acceptable... Bien sûr. Seuls les criminels et les traîtres doivent être exécutés. Et si on le fait, ce doit être à la face de tout le monde, qu'on puisse en tirer les leçons et faire en sorte que les autres se repentent. Démocratie, droits de l'Homme, tous ces mots sont sans utilité pour un peuple qui a hérité de la violence et de la cruauté après avoir subi les difficultés d'une colonisation oppressive. Les recettes occidentales comme la psychologie ne conviennent pas aux patients arabes. Pourquoi ? Parce que la composition est différente. L'arabe est d'une composition spéciale. Il ne se tient tranquille que par le fouet. Le proverbe arabe dit "achète l'esclave et le fouet avec". Nous nous sommes rebellés, avons manifesté et nous sommes révoltés contre nos dirigeants parce qu'ils ont adopté la démocratie et les droits de l'Homme dans leurs lois et dans leurs comportements envers nous. C'est une erreur et une erreur pure. S'ils étaient durs et intransigeants dans leurs attitudes envers nous, les choses auraient bien mieux évolué. C'est le dorlotage qui gâte l'homme. Ils n'ont pas été durs envers nous. C'est pourquoi nous sommes devenus ce que nous sommes. Nous rejetons, insultons, protestons, revendiquons... Que Dieu accorde le repos à l'âme du chef Saddam Hussein, ce leader remarquable qui a fait de l'Irak le maître des pays arabes dans tous les domaines. Il savait comment agir et gérer. Il savait comment diriger et connaissait ceux qu'il gouvernait. C'étaient des Arabes d'Irak, comme les autres Arabes. Seul le style du respectable Saddam était le bon pour les éduquer.
nadjib bezoubiri En ligne 2008-10-24
Je suis étudiant à l'université, dans le droit. Je crois que l'abolition de la peine de mort est une exagération étant donné la crise à laquelle l'Algérie a dû faire face en une décennie.
gabriel En ligne 2008-10-29
Abolir la peine de mort dans les pays arabes en particulier signifie encourager les criminels à commettre plus de crimes qu'ils ne le faisaient auparavant et pour lesquels ils n'avaient aucun compte à rendre comme les assasssinats, les vols, les enlèvements, les falsifications, les intimidations, la terreur, et la préparation de nombreux autres crimes. Je pense que ceux qui s'opposent à la peine de mort ont d'autres objectifs et d'autres vélléités. La peine de mort, elle est pour l'assassin. Il doit être exécuté. La main du voleur est coupée. Oeil pour oeil, dent pour dent, et l'initiateur est bien celui qui est le plus injuste. Si vous vous voulez aller contrairement à la religion, vous n'êtes pas musulman. Ou comment vous expliqueriez cela ?
Rachid En ligne 2008-11-13
Vous pensez qu'il est plus humain de pourrir toute sa vie dans une prison algérienne ou de mourrir par balles ?
Anonymous En ligne 2009-03-17
Nous ne devrions pas avoir à dire plus que cela : 1- le criminel qui commet un délit passible de la peine de mort ne fait pas cas de la vie. Il n'a pas été compatissant envers lui-même. Pourquoi avoir de la compassion pour lui ? N'êtes-vous pas capables de penser ? 2- L'Algérie durant la décennie noire a perdu des dizaines de milliers de ces chers fils, qui étaient innocents. Leur sang n'est pas encore sec. Alors comment pouvez-vous rechercher la vie pour un criminel assassin ou traître à son pays, dans les jardins secs de la loi ? Le poète a dit : Le voleur de roses est méprisé et mis à l'écart, tandis que le tueur d'âme reste inconnu des humains. 3- Est-ce que l'Algérie souffre d'une chute dans son taux de fertilité et de la densité de la population afin de combler ce fossé au détriment des droits publics ? Non, la vérité est que le taux de croissance est très élevé au point que certains se condamnent eux-mêmes à mort et mettent fin à leurs vies en raison de leurs situations. Si la peine de mort est abolie, elle sera remplacée par le suicide. 4- Pourquoi rejettons-nous la preuve issue du Coran et de la Sounna, puisque le commandement est clair, alors que les consciences sont vides ? Enfin, ceux qui soutiennent ce projet doivent planifier de noyer encore une fois le pays. Dieu est l'assistant.
Elaiche Siad En ligne 2009-07-27
Après 7 réponses laissez-moi vous dire que je suis favorable à la peine de mort, même si je pense que tous les efforts doivent être faits pour s'assurer que la personne est coupable à 100% et je crois également aux cas de maladies mentales. Je crois également qu'il peut y avoir une certitude absolue de culpabilité, pas d'appel criant, de la porte arrière du tribunal jusqu'à la potence. Vous avez maintenant un moyen de dissuasion. Disons que si quelqu'un vous vole 10 000 euros un jour, vous iriez directement envoyer votre affaire à la police, alors je suis sûr que si l'un de vos proches est assassiné, vous voudriez voir son meurtrier exécuté. Toutefois, en Europe et en Amérique, de nombreux hommes qui ont été condamnés pendant des années à la peine de mort ont pu maintenant être innocentés grâce à leur ADN, alors je parle seulement d'un cas où la culpabilité peut être prouvée à 100% par l'ADN. Je pense également qu'à chaque fois que l'ADN peut permettre d'innocenter quelqu'un, il doit être vérifié absolument. Si quelqu'un est coupable à 100%, je ne ressens aucun mal à ce qu'il soit exécuté, mais je me sens en revanche mal pour sa famille. Ils sont tous après tout les enfants, les parents, les époux, les frères, les soeurs, etc... de quelqu'un.
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