Le nouveau syndicat des journalistes tunisiens publie son premier rapport sur la liberté de la presse

2008-05-05

Dans son premier rapport annuel sur la liberté de la presse publié depuis sa réorganisation, le nouveau Syndicat National des Journalistes Tunisiens fait état de nombreuses plaintes pour harcèlement et censure de la part du gouvernement. Les critiques affirment que ce syndicat manque de faits précis pour étayer ses arguments.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 05/05/08

[worldpressfreedomday.org] Le nouveau Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a publié un rapport à l'occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, le 3 mai. Ce rapport appelle à une révision de la législation sur les médias.

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) réclame l'immunité légale pour les journalistes et un réexamen de la loi sur les médias respectant les critères internationaux de liberté et d'indépendance de la presse.

Dans un rapport publié samedi 3 mai à l'occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, le syndicat a fait état de nombreuses atteintes aux droits des journalistes durant l'année précédente, et critiqué le suivi des médias par le gouvernement, affirmant qu'il reproduit "un discours arriériste, dogmatique et unilatéral".

Dans un discours prononcé vendredi à l'occasion de cette journée mondiale, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a déclaré que le gouvernement "examine cet appel à redoubler d'efforts et à s'attacher à diversifier et enrichir les domaines de dialogue, afin de mettre en place une presse nationale noble et intrépide".

La plupart des journalistes mettent la pression en faveur du changement sur le gouvernement. Un groupe de salariés du quotidien public La Presse a envoyé un SOS le 26 mars, affirmant que leur journal – l'un des plus anciens et des plus lus du pays – perdait des lecteurs du fait de la censure et du "média terne, vieillot et non professionnel qu'il propose".

La secrétaire générale du SNJT Soukiena Abdessamad estime que les médias tunisiens accusent encore un retard et ont besoin d'un environnement plus libre pour faire leur travail dans de bonnes conditions. "On ne peut parler d'une presse libre en l'absence d'un environnement démocratique libre", affirme-t-elle.

Le rapport du SNJT a toutefois suscité ses propres critiques.

Ziad El Heni, du bureau directeur du SNJT, reproche à ce rapport son manque de substance et d'idées cohérentes. "J'ai participé à la rédaction de rapports sur les libertés de la presse en Tunisie depuis que de tels rapports ont été initiés, en 2002. Celui-ci est le plus faible de tous, il ne contient aucune donnée statistique, aucune donnée documentée. Et il ne présente aucune idée claire et cohérente", explique-t-il. "Nous avions envisagé ce rapport comme un moyen de refléter les aspirations et le rythme de la profession. Malheureusement, il apparaît comme un artifice et une arnaque. "

Le critique des médias Khemais Khayati explique que bien que la publication de ce rapport soit importante, le document en lui-même manque de preuves pour étayer les doléances du groupe sur les agissements du gouvernement. "Quand nous parlons d'atteintes", explique-t-il, "nous devons les étayer par des preuves. C'est le travail de n'importe quel article sur les conditions de la liberté."

M. Khayati regrette également que ce rapport ignore lnternet, qu'il qualifie de "presse du futur".

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Ce rapport accuse les journaux privés de diffamation et d'autres maux, parmi lesquels des accusations de trahison et d'être au service d'intérêts étrangers. Il se plaint également que la couverture du récent enlèvement des touristes autrichiens et des manifestations contre le chômage dans la ville de Redeyef ait été étouffée.

Les lecteurs tunisiens semblent reprocher au journal lui-même la plupart des problèmes cités.

Amina al-Qesemi, salariée dans un institut privé, accuse tous les médias, sans exception, de tromper l'opinion publique et de collaborer avec le régime. "Nous ne savons rien de ce qui se passe en Tunisie", affirme-t-elle. "Quand nous essayons d'obtenir quelques informations sur un sujet qui nous intéresse, nous cherchons souvent sur des chaînes étrangères. Les médias et les autorités se donnent la main pour nous tromper, chacun renvoie la balle dans le camp de l'autre, et ce sont les citoyens qui, en fin de compte, sont les grands perdants."

Munzir al-Sharni accuse les médias de servir leurs propres desseins aux dépens de la profession qui, comme il l'affirme, demande de l'audace et de l'intrépidité. "Ils hésitent dès qu'il s'agit d'assumer une responsabilité. On a donc beaucoup de mal à trouver un seul article ou un seul commentaire qui réponde aux questions que l'on se pose. Mais bon, je n'achète pas les journaux tunisiens et ne regarde pas les chaînes de télévision locales, je trouve ce que je cherche sur lnternet."

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.
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comments

Fathi En ligne 2008-05-06

Pour être crédible, il faut être soit un peu plus honnête, soit prendre des cours de langue (Arabe? Francais?). De toute facon traduire "faire état de nombreuses plaintes" par "prétendre de nombreuses plaintes" en Arabe soulève un doute que vous devriez élucider: Etes-vous engagés dans la manipulation des expressions ou bien s'agit-il vraiment d'un manque de maîtrise de l'une des deux langues, sinon des deux. Du temps de Nasser en Egypte, Haikal parlait de deux languages différents pour la communication: Un en arabe destiné à la consommation interne, pour ne pas dire aux Arabes arriérés, et un en anglais pour l'opinion internationale. Ce dont je fais état, sans aucune prétention. Dois-je aussi souligner votre insistance exagérée sur le terrorisme au Maghreb, comme si les autres sujets étaient épuisés? Espérons qu'après la présidence de Bush qui a publiquement dévoilé l'intention officielle des E.U. de manipuler les médias afin d'induire l'opinion publique en erreur et faire la confusion entre le mensonge et la vérité, une politique médiatique un peu plus intelligente réparera la crédibilité de Magharebia afin qu'elle puisse pallier aux déficiences des médias dans la région que vous prétendez couvrir. Je vous mets au défi de publier cette réaction car il vous est déjà arrivé de diriger d'autres réactions plus ou moins similaires vers votre corbeille à papier qui doit avoir une taille respectable, à moins que sa taille ne soit proportionnelle à l'intérêt des lecteurs pour votre information. Ceci dit,meilleures amitiés, car je ne fais que constater dans le calme.

صحافيّة تسأل En ligne 2008-05-06

Je voudrais interroger le cher et respectable collègue qui nous a dit une fois qu'allumer une bougie est mille fois mieux que maudire l'obscurité, sur les raisons qui ont fait de lui un simple observateur, pas plus, est ce qu’il a été élu pour cette raison ? Pourquoi n’a t—il pas participé à la prise de décisions, quelles sont les causes qui l’ont empêché de dire ce que le rapport ne pouvait pas dire ? Les journalistes tunisiens ont besoin de plus qu’un simple « discours » et mieux que de s’asseoir sur le sommet de la colline… La caravane de la presse tunisienne va de l'avant pour le meilleur, certainement. Le collègue Ziad El Hani devrait utiliser sa plume, parler, se lever et écrire au lieu de commenter sur les mots des autres et se limiter à la critique explicative ou analytique ou de dire qu’une personne est mieux que l’autre juste parce qu'il le dit… Nous devons éviter de prendre du recul, et faire une «percée historique» comme l’a fait Lahbib Bourguiba, de manière qu'il reste au niveau du programme actif. Ce que chacun d'entre nous a préparé en particulier ceux qui ont été élus par la base, parce que la base jugent selon les programmes et les actes et n’est pas uniquement satisfaite par la doctrine du "grand militant" qui a sauvé le pays et le peuple, et sans lui les récoltes, cultures et descendants auraient été perdus… Il n'y a pas de prophète dans la presse tunisienne et nous n'avons pas parmi nous "le savant" qui comprend mieux que les autres… Je suggère aux membres du bureau, maintenant qu’ils ont un site internet, d’exercer l’écriture sérieuse et de nous offrir la crème de leurs idées afin que nous puissions examiner leurs compétences journalistiques, parce que nous oublions, et c'est le plus important, que la question concerne les gens de plume et non les gents d’«étiquettes».

ziad el ziad En ligne 2008-05-07

Monsieur Ziad El Heni qui est membre (non actif)certes n'a pas le droit de commenter le rapport et se doit de respecter ses collegues dans une ultime obligation de reserve .Cela sappele danser sur plusieurs cordes et se faire jouir dans son blog à faire le macabre. Qu'il se taise et qu'il se tasse sinon qu"il demissionne

التونسي En ligne 2008-05-08

Tout ce qui a été dit n'est qu'illusion.

kastalli cherif En ligne 2008-05-10

La question du journalisme et des journalistes constitue actuellement une plaie saignante dans les entrailles du tunisien. On ne doit pas demander une réconciliation entre le Tunisien et les médias mais plutôt une réconciliation entre journalistes eux même car non seulement ils ne sont pas sur la même longueur d’onde, mais ils sont entrain de se torpiller. Ils sont entrain de délabrer leur métier et mettre en question leur dignité( Mon reproche s’adresse à Robins des Bois vous n’avez aucune raison de vous acharner sur Zied El-Heni vous ne faites que jeter de l’huile au feu, même les MM’ sont récupérables ainsi que Borhane Bsaiess et Boubakr Seghaier que vous évoquez , la baraque nécessite du ménage, il faut calmer la fièvre électorale et renouer un dialogue constructif et repêcher le secteur qui s’enfonce dans une mare infestée ). Les journalistes sont entrain de mener le pays vers une grave crise par leurs politiques perverses de tout maquiller -1/ Ils n’éclairent pas du tout ni l’opinion publique ni les pouvoirs publics -2/ Ils ne procèdent pas comme leurs collègues du nord en matière de traitement des sujets importants - 3/Leur passivité et leur suivisme ne leur permet pas de contourner les vrais problèmes en dégageant les tenants et les aboutissants des graves sujets de la nation. -4/ Leur silence ne fait qu’encourager la corruption, la concussion, la mauvaise gouvernance, la protection des patrons voyous, donc un silence responsable de l’abîme total de la société -5/ Leur silence a encouragé l’administration à mener un train de vie ostentatoire (administration paperassière et budgétivore, limousine et bons d’essences) et à s’occuper que de la promotion des grands commis et aussi à l’inertie. Ce qui a entraîné l’absence totale de stratégie pour contourner les

kastalli cherif En ligne 2008-05-11

vraiment avec les restriction de 1800 mots il est impossible pour Magharibia de jouer un rôle d'espace de forum en permettant aux internautes de commenter et d'analyser amplement les sujets pertinents. Il est important d'offrir la liberté à ceux qui veulent écrire 10 caractères et ceux qui veulent plus de 1800 caractères kastalli cherif Beja TUNISIE

SS En ligne 2009-08-13

La Tunisie ne viole pas la liberté de la presse. Aucune organisation ne devrait intervenir dans ses affaires internes. La Tunisie fait quotidiennement des progrès et accorde des libertés aux femmes. En 20 ans, nous avons construit ce que des pays n'ont pas fait en 100 ans. Merci.

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