Sarkozy conclut sa visite en Tunisie
2008-04-30
Le Président français Nicolas Sarkozy a signé de nouveaux accords de partenariats commerciaux et présenté son projet d'Union Méditerranéenne lors de sa visite en Tunisie cette semaine, mais il n'a pas abordé la question des Droits de l'Homme avec le Président Ben Ali.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 30/04/08
![]() [Getty Images] La visite du Président français Nicolas Sarkozy en Tunisie a donné lieu à plusieurs accords de coopération économique et politique. |
Après avoir signé de nouveaux accords de partenariat économique, participé à un immense défilé dans les rues de Tunis et s'être adressé à des étudiants et des chefs d'entreprises sur des questions allant du terrorisme à sa proposition d'Union Méditerranéenne, le Président français Nicolas Sarkozy a terminé sa visite d'Etat de trois jours en Tunisie ce mercredi 30 avril.
Lundi, M. Sarkozy a signé plusieurs accords dans les domaines de l'énergie nucléaire civile, de l'immigration et du développement économiqiue avec son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Aux termes de ces accords de coopération, la France s'engage à soutenir le renouveau de l'économie tunisienne, à supporter les investissements et à encourager les échanges scientifiques et technologiques.
L'accord nucléaire sur vingt ans est similaire à ceux que la France a signé avec l'Algérie, le Maroc et la Libye en début d'année. Par ailleurs, le conglomérat d'ingénierie français Alstom construira une centrale électrique conventionnelle de 700 mégawatts, d'une valeur de 560 millions de dollars, et la compagnie aérienne nationale Tunisair achètera dix-neuf appareils Airbus pour un total de 1,5 milliard de dollars.
La France est le principal partenaire économique de la Tunisie, devant l'Algérie et le Maroc. Ses entreprises sont les plus gros employeurs étrangers dans le pays, fournissant plus de cent mille emplois. De plus, les échanges commerciaux entre les deux pays ont augmenté de 14 pour cent l'an dernier.
Les questions économiques ont dominé la visite de M. Sarkozy. Il était accompagné par plus de cent chefs d'entreprises français, ainsi que par huit ministres. mais de nombreux observateurs en Tunisie auraient souhaité voir le Président français faire pression sur le gouvernement du Président Ben Ali sur la question des Droits de l'Homme.
"Durant sa visite en Tunisie en juillet dernier, Sarkozy avait ignoré la société civile tunisienne. Nous espérons que cela ne se reproduira pas cette fois. Nous espérons également que cette visite ne sera pas de nature purement économique", avait déclaré le président de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme, Mokhtar Trifi, dans un entretien au quotidien français Le Monde, le 6 avril.
La semaine dernière également, l'ancien dirigeant du Parti Démocratique Progressiste (PDP) d'opposition, Nejib Chebbi, avait déclaré qu'il avait l'intention de profiter de la visite de M. Sarkozy "pour souligner les harcèlements dont nous sommes victimes en Tunisie". A la veille de l'arrivée du Président français à Tunis, deux membres de ce parti avaient annoncé qu'ils entamaient un grève de la faim illimitée pour protester contre ce qu'ils qualifiaient de tentative pour "étranger financièrement le parti".
Le Président français a ignoré la question, lundi, lors d'un forum auquel participait cinq cents chefs d'entreprises français et tunisiens. "Je ne suis pas ici pour donner des leçons en matière de Droits de l'Homme", a déclaré M. Sarkozy, ajoutant que "la Tunisie a fait des progrès dans le domaine des libertés individuelles."
Il s'est également félicité des efforts du Président Ben Ali pour lutter contre le terrorisme, qu'il a qualifié de "véritable ennemi de la démocratie".
"Le combat qui se mène ici est important pour la France, parce que si demain, ou dans deux jours, un régime de type taliban se mettait en place dans l'un des pays d'Afrique du Nord, qui pourrait alors penser que l'Europe et la France se sentiraient en sécurité ?", s'est-il interrogé.
Parlant des avantages du projet d'Union Méditerranéenne qu'il avait proposé l'an dernier, M. Sarkozy a déclaré aux chefs d'entreprises tunisien qu'une nouvelle entreprise française s'implante tous les cinq jours en Tunisie. Il a souligné que les pays européens et méditerranéens devraient collaborer, plutôt que de "s'opposer" et de "s'exclure" mutuellement.
"Si elle prend forme, cette Union Méditerranéenne changera le monde", a déclaré le Président Sarkozy aux étudiants rassemblés à l'Institut National des Sciences et des Technologies Appliquées de Tunis, mercredi. Il a ajouté que cette union permettra de réduire le chômage et de stimuler la croissance économique, à la fois en Tunisie et en France.
Plus de vingt mille personnes ont participé à un grand rassemblement, lundi dans la soirée à Tunis, pour voir M. Sarkozy et sa nouvelle épouse, Carla Bruni.







The Suffet of Carthage En ligne 2008-04-30
Stratégiquement, la France n'a aucun poids sans que Carthage ne soit à ses côtés. L'Union Méditerranéenne ne voudrait rien dire sans la reine de Carthage la Méditerranéenne (qui a créé le concept d'une Méditerranée unifiée autour du commerce et qui a créé le concept du libre-échange il y a 28 siècles) et qui est pleinement engagée dans cette union. Pourtant la France agit encore envers la République de Carthage comme s'il s'agissait d'une de ses colonies. Tandis que Carthage a été une des puissances qui a libéré la Gaule de Rome, qui a permis à la Corse de devenir française (plus tard) et qui a contribué à la libérer de l'Allemagne nazie, la France a conspiré de son côté pendant plus de 276 ans afin de dépouiller la Terre de Carthage de sa fierté, de ses ressources et de sa liberté. La France a réécrit l'histoire tunisienne et a maltraité le peuple tunisien dans son propre pays comme en France. Sans même une excuse pour un passé sombre, aujourd'hui la France se place encore contre le progrès d'une Tunisie démocratique et tente de contrôler son énergie, son économie, sa stabilité et son avenir concernant la sécurité. Il y a bien quelque chose que les Français devraient lire plus attentivement, c'est la vraie histoire - et non celle qu'ils ont écrite. Peut-être comprendraient-ils que le peuple tunisien d'aujourd'hui est héritier de Dido, d'Hannibal, d'Hanno et de Moncef Bey, et d'Ibn Khaldoun, et de Bourguiba, et de Farhat Hached. Et le jour viendra (bientôt) où les Tunisiens reliront leur histoire et comprendront que le comportement de la France vis-à-vis d'eux n'était pas celui d'un ami ou d'un partenaire, mais plutôt celui d'un trompeur. Et que la seule puissance dans le monde qui a été vraiment amie, c'était les USA, et ils comprendront alors que leur avenir réside stratégiquement dans un partenariat par-delà les mers et l'océan, avec un pays qui partage vraiment les idéaux de Carthage l'ancienne et qui ont été découvert à Carthage elle-même (la pierre de Bourne).
Anis En ligne 2008-05-01
Un premier pas vers ce qui devrait être la norme... J'aime Sarkozy, mais il devrait assouplir ses politiques d'immigration et ses restrictions de voyages, notamment le système de visas NAZILLON infligé par la France aux voyageurs tunisiens... De meilleure manière que le socialiste Chirac...
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