Un nouveau projet de loi ouvre les élections tunisiennes à l'opposition, mais exclut Chebbi

2008-03-26

Le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali est favorable à un projet de loi qui devrait permettre aux leaders des partis de l'opposition de se présenter aux élections présidentielles de 2009 dans le pays sans devoir dépendre des signatures de soutien d'élus. Les spécificités de ce projet de loi, tout en représentant une étape en avant vers l'ouverture politique, excluent le candidat d'opposition Nejib Chebbi de toute participation.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 26/03/08

[Jamel Arfaoui] Une affiche à Tunis appelle le Président Zine El Abidine Ben Ali à se représenter aux élections. Une proposition d'amendement ouvre les élections tunisiennes à l'opposition, mais exclut de la course l'un de ses représentants majeurs.

Une proposition d'amendement constitutionnel annoncée par le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à l'occasion de la Journée de l'Indépendance permettra en principe à tous les partis légalement reconnus de désigner leurs candidats pour la course aux présidentielles dans le pays en 2009.

Dans un discours prononcé le 20 mars, M. Ben Ali a déclaré : "En ce qui concerne l'élection présidentielle de 2009, nous intégrerons exceptionnellement dans cette proposition d'amendement la possibilité pour les dirigeants de tous les partis politiques, qu'ils soient présidents, secrétaires généraux ou premiers secrétaires, de se présenter à la candidature."

Aux termes de cette proposition, les leaders des différents partis pourront se présenter en tant que candidats, à condition qu'ils aient été élus à leur poste et qu'il aient occupé celui-ci pendant deux années consécutives.

Cet amendement vise à annuler la précédente condition fixée par la constitution tunisienne, qui prévoyait que chaque candidat devait recueillir les signatures de responsables élus, comme des parlementaires et des présidents de conseils municipaux. Il est difficile pour tous les candidats n'appartenant pas au parti au pouvoir de collecter ces signatures, dans la mesure où la représentation des partis de l'opposition au parlement ou dans les conseils municipaux est très faible. Le Rassemblement Démocratique Constitutionnel du Président Ben Ali contrôle en effet 80 pour cent des sièges au parlement.

Dans un communiqué adressé à Magharebia, la secrétaire générale du Parti Démocratique Progressiste (PDP), Maya Jribi, a déclaré que ce nouvel amendement constitutionnel "était taillé sur mesure pour exclure les vrais candidats ; une exclusion que nous rejetons et considérons comme une intervention dans les décisions souveraines des partis."

Ce nouvel amendement empêche l'ancien dirigeant du PDP Néjib Chebbi – désigné par son parti le mois dernier – de se présenter comme candidat. Lors d'une conférence de presse organisée le 25 mars, M. Chebbi a qualifié cette décision du gouvernement de "manoeuvre destinée à mettre à l'écart le seul candidat d'opposition déclaré."

Chebbi avait renoncé à la direction de son parti en décembre 2006, faisant de Maya Jribi la seule membre du PDP éligible pour se présenter à ces élections.

Mme Jribi a déclaré que depuis 1999, le pays avait connu trois amendements constitutionnels concernant les élections présidentielles. "Cela souligne les carences du système électoral tunisien et son manque de réponse aux réalités et aux attentes des démocrates. De plus, cela ne reflète pas le pluralisme dont bénéficie la société tunisienne", a-t-elle déclaré.

Mustafa Bin Jaafar, secrétaire général du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), a indiqué que ce nouvel amendement excluera totalement son parti de la course. Ce responsable de parti a déclaré à Magharebia : "Le nouvel amendement nous place en-dehors de la course... une tactique qui se répète pour la troisième fois d'affilée."

M. Bin Jaafar, inéligible parce que son parti n'a pas organisé de conférence électorale depuis son autorisation en 2002, demande une révision en profondeur des conditions de désignation.

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Mondher Thabet, secrétaire général du Parti Social Libéral, a défendu la proposition d'amendement et considère qu'il s'agit d'un pas dans la bonne direction. M. Thabet a indiqué à Magharebia que cette décision illustre la flexibilité et la capacité de réponse des autorités, ajoutant que "les propos de ceux qui affirment que cette mesure entraîne une exclusion doivent être réfutés."

Concernant les doléances du PDP, M. Thabet souligne que ce parti a encore une chance de pouvoir désigner son dirigeant comme candidat.

Autre modification importante au processus électoral annoncée par le Président Ben Ali, l'âge requis pour être électeur sera abaissé à 18 ans. Cela permettra à plus d'un demi-million de jeunes de participer aux prochaines élections.

Lors du scrutin de 2004, M. Ben Ali avait battu trois autres candidats, et s'était imposé avec 94,4 pour cent des voix.

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comments

وسام عتمان En ligne 2008-03-28

Oui, j'y souscris, car cela développe l'économie.

slim En ligne 2008-03-30

CES ELECTIONS SONT DEJA VEROUILLEES!!! la DEMOCRATIE N'EST PAS le fort de Mr BEN ALI !!! POURQUOI NE SUIVRAIT-IL PAS LE CHEMIN DE mr BOURQUIBA APRES TOUT C'EST LA VOIX DE SON MAITRE !!!

فخرى حمدي En ligne 2009-02-20

Monsieur, je suis un citoyen tunisien de Bousalem. Je suis un partisan du ralliement, mon père était militant. J'ai trois enfants qui sont affamés, qui endurent le froid, la pauvreté et la misère. Ma femme, ma fille de neuf ans et moi-même avons été attaqués par la police de Boussalem. Je recherche également quelqu'un qui pourrait acheter un de mes enfants pour que je puisse offrir une vie digne aux autres. Je pense aussi à me suicider en voyant mes enfants souffrir. Lorsque j'ai réclamé mon droit à une vie digne, j'ai été attaqué et mené devant un psychologue car on a tenté de me rendre fou. Messieurs, je suis psychologiquement assez solide. Mon seul désir est de rencontrer le Président et de lui donner une lettre provenant d'un homme opprimé en Tunisie. C'est mon seul désir. Fakhri Ahmed.

kadri En ligne 2009-04-08

Je crois ce qu'a dit M. Boussalem. Mais pourquoi ne considère-t-il pas son problème avec transparence ? Fakhri Hamdi a le droit de rencontrer n'importe quel responsable. Nous connaissons de nombreux cas qui ont eu lieu et même que j'ai trouvé pire que ce qu'a raconté M. Fakhri. Ce phénomène fait dévier le peuple. Nous savons que si le président était conscient de ça, il aurait jugé ceux qui les ont opprimés.

عبد القادر بنعثمان ABDELKADER BEN OTHMEN En ligne 2009-06-12

Comment une personne qui n'est même pas capable de rassembler et de collecter des idées claires pour s'adresser aux médias - et malgré une contradiction flagrante - peut-elle demander à diriger la nation ? Elle n'est même pas capable de mener "ses idées" et de rassembler "les morceaux d'elle-même". Examinons la déclaration de Maya Jribi quand elle dit : "D'autant que cela ne reflète pas le pluralisme de la société tunisienne". Est-ce qu'il s'agit d'une reconnaissance de ce qu'elle tente toujours de nier : le pluralisme en Tunisie ? Selon cette déclaration dans laquelle l'expression a trahi son auteur, elle a dévoilé aux observateurs un facteur très important que son parti s'efforce de dissimuler en permanence : Le fait est que la société tunisienne 1/ fait l'expérience du pluralisme politique avec la confirmation du secrétaire général d'un parti qui est considéré comme l'un des partis les plus négatifs. 2/ Parler du pluralisme présuppose l'existence d'une démocratie, parce que le pluralisme est l'image de fond de la démocratie. Les sociétés pluralistes sont nécessairement des sociétés démocratiques. Cela dévoile une autre vérité qui est très importante mais que de tels partis tentent de dissimuler et de nier. C'est le fait que la Tunisie soit un pays démocratique... Alors nous voilà face à des faits importants reconnus par un parti d'opposition qui prétend à l'exclusion - inconsciemment - la Tunisie est un pays démocratique et pluraliste... 3/ Le pluralisme admis par Mme Maya Jribi est associé au moment présent, et non au passé. Qui est le Président actuel ? N'est-ce pas Ben Ali ?... L'erreur dans l'expression souligne une découverte encore plus importante : le Président Zine Al Abidine Ben Ali a permis à la société d'obtenir le pluralisme politique et ce que ce dernier exige implicitement pour réaliser la démocratie. Ces faits dévoilent un autre fait : le faiblesse de l'opposition et sa paralysie dans une société démocratique et pluraliste en font l'unique défaut de cette société. C'est parce qu'elle s'est transformée, qu'elle est devenue un obstacle invalidant au progrès de la socété. Elle détourne également son intérêt des questions majeures au lieu de soutenir et de stimuler les forces du pays. D'un autre côté, comment Ben Ali gère-t-il ceux qui sont ses rivaux supposés à la présidence ? Ne peut-on présumer que les résultats politiques des partis doivent s'obtenir à travers des luttes politiques, des programmes, que ces partis ne prendront rien s'ils ne sont pas capables de saisir les opportunités ? Alors que s'est-il passé ? Le Président de l'Etat avec sa gentillesse paternelle leur offre de nouveaux cadeaux et le luxe politique, dans lesquels ils auraient dû devenir des partenaires dans ses constructions, par un dur travail et la quête de solutions. C'est un témoignage léger de la "démocratie familiale" en Tunisie.

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