01/07/2009
Quatre Marocains, dont trois possédant la nationalité espagnole, sont en prison pour avoir planifié des attentats terroristes.
Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 01/07/09
![]() [Abdelhak Senna/AFP/Getty Images] Les autorités marocaines ont arrêté quatre Marocains accusés de terrorisme. |
Les autorités marocaines ont déféré quatre suspects terroristes devant le procureur de la cour d'appel de Rabat, lundi 29 juin. Ils sont accusés de "constitution d'un groupe à vocation criminelle, préparation d'actes de terrorisme, financement d'actes de terrorisme, trafic de drogue, vol de véhicules, et falsification de documents d'immatriculation de véhicules".
Ils seront traduits devant le juge chargé des affaires de terrorisme auprès du tribunal de Salé.
Les responsables de la sécurité ont annoncé le démantèlement d'une cellule terroriste du mouvement Salafia Jihadia, vendredi dernier, après la saisie de trois véhicules immatriculés à Ceuta, ainsi que de documents et de bandes audio appelant au djihad, légitimant les opérations suicides et l'assassinat des otages enlevés par al-Qaida.
Selon ces responsables, cette cellule envisageait des attaques violentes visant à déstabiliser le Maroc, prenant pour cible des sites touristiques et des ambassades, bien qu'elle n'ait eu aucune intention de commettre de tels actes en territoire espagnol.
La presse locale a indiqué que l'agence de renseignements espagnole avait fourni aux autorités marocaines des informations détaillées ayant permis de mener les opérations contre cette cellule. Au moment de leur arrestation, les suspects mettaient semble-t-il le point final à leurs plans meurtriers.
Selon des informations, cette cellule était dirigée par Abou Yacine, 34 ans, habitant Ceuta. Il avait purgé une peine de deux ans de prison après le démantèlement en 2006 de la cellule terroriste "Ansar Al Mehdi", qui projetait de renverser la monarchie marocaine.
Les autorités ont affirmé que les membres de cette cellule étaient impliqués dans des activités de crime organisé, justifié par le principe de l'"istehlal", souvent utilisé pour justifier des comportements illégaux.
Selon la presse, la cellule entretenait des relations avec al-Qaida au Maghreb Islamique et de nombreux trafiquants et terroristes au Maroc et en Europe.
"Le pilier le plus important dans l'idéologie du mouvement salafiste djihadiste est l'appel au changement politique par le biais de l'opposition violente aux régimes en place", a expliqué à Magharebia Mohammed Darif, spécialiste des groupes islamistes armés.
M. Darif a indiqué que de nombreux groupes de ce type bénéficiaient du principe de l'istehlal.
"Il s'agit d'un principe sur lequel se fonde le salafisme djihadiste, qui autorise de prendre le sang et l'argent des autres aux termes de la sharia, dès lors que ces autres sont considérés comme des infidèles", a-t-il expliqué.
Il a ajouté que l'allégeance de ces groupes à al-Qaida "les rend encore plus dangereux, dans la mesure où ils peuvent bénéficier du soutien logistique [de l'organisation]".
Hassan, un jeune Marocain, a donné à Magharebia son sentiment sur cette opération.
"Personne n'a le droit de miner la stabilité de notre nation", a-t-il déclaré. "Nous rejetons le chaos dans lequel ces groupes tentent de nous entraîner."
Il estime que le terrorisme est un problème culturel, plutôt qu'un problème sécuritaire. "Nous devons mettre en place une véritable révolution culturelle", a-t-il conclu, "pour résister à l'extrémisme."