25/06/2009
L'édition de cette année du festival du cinéma d'auteur de Rabat rassemble deux grandes stars arabes, Mahmoud Abdelaziz et Haifa Wehbe, dans la capitale marocaine. Douze films originaires de différents pays seront en lice pour les différents prix.
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 25/06/09
![]() [Siham Ali] Le festival de Rabat attire des artistes du monde arabe et au-delà. |
Le 15ème festival international du cinéma d'auteur, organisé jusqu'au 30 juin à Rabat, fête le septième art en présence de deux artistes arabes de renom : l'acteur égyptien Mahmoud Abdelaziz et la chanteuse libanaise Haifa Wehbe.
Cette dernière vient de faire ses début au grand écran, dans "Doukane Chahata" [La boutique de Chahata], projeté lors de la séance d'ouverture du festival, le 21 juin. Elle a déclaré aux journalistes qu'elle était fière de sa performance et espérait que le public marocain allait réagir favorablement.
L’Association du festival de Rabat pour la culture et les arts, organisatrice de l’événement, a indiqué qu’elle misait sur la qualité des œuvres choisies tout en veillant à attirer le public en invitant des artistes de renom. Toutes les projections sont gratuites, pour encourager le public à revenir dans les salles obscures.
Selon les organisateurs, l'objectif de ce festival est de présenter au public marocain des films d'auteur, qui sont rarement projetés dans le pays. Ce festival propose un programme complet, avec des longs métrages de plusieurs genres originaires du monde arabe et au-delà.
"Cet événement est devenu un point privilégié de convergence des cinéastes et des intellectuels à l'échelle nationale, arabe et internationale", a expliqué Abdelhak Mantrech, le directeur du festival.
Mahmoud Abdelaziz estime qu'il est important d'organiser des rencontres comme le festival de Rabat dans le monde arabe, et d'encourager les jeunes artistes et écrivains.
"Il faut être prudent dans le jugement des expériences des jeunes scénaristes. Les jeunes cinéastes ont besoin de temps pour prouver leur talent", a-t-il expliqué. "Le cinéma arabe a toujours connu un certain échange fructueux entre les générations, un grand nombre de célèbres cinéastes avaient déjà offert l'opportunité aux jeunes de montrer leurs aptitudes."
A côté des projections et des débats, le programme du festival propose également une compétition officielle pour départager douze films et attribuer les prix, en particulier le Grand Prix Hassan II du meilleur film, le prix du jury, le prix du meilleur acteur et de la meilleure actrice, le prix du meilleur scénario et le prix spécial du public.
Des films comme "Eden à l'Ouest" du réalisateur Costa-Gavras, "Cinecitta" deYoussef Chahine et "Jerichow" de Christian Petzold seront en compétition pour ces prix.
Le cinéma marocain est également à l'honneur, avec, entre autres, "Casa Negra" de Noureddine Lakhmari, "Itto Titrit" de Mohamed Abbazi, et "Le temps des camarades", de Mohamed Chrif Tribek.
La réaction du public à ce festival est largement favorable, mais certains craignent qu'il ne soit pas assez médiatisé pour attirer un large public.
"Je pense que le festival passe inaperçu", explique Ahmed Bdraoui, un professeur d'arts plastiques. "Nombreux sont les habitants de la capitale à ignorer sa tenue et par conséquent, le festival n’atteint pas son objectif de mobiliser les spectateurs marocains."
Selma Nadiri, une fonctionnaire, ne partage pas cet avis. Elle estime que le festival s’adresse à un public averti du moment qu’il se base sur le cinéma d’auteur : "Les intéressés affluent dans les salles réservées par les organisateurs. Ceux qui n’apprécient pas le cinéma d’auteur et les documentaires montrent peu d’intérêts pour l’événement. Mais il s’agit d’une bonne initiative, que j’attends chaque année pour y emmener mes enfants."