17/06/2009
Des centaines de fauconniers viennent chaque année dans la ville d'El Haouaria, pour le concours de l'épervier le plus rapide.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 17/16/09
![]() [Mona Yahia] La fauconnerie est au centre de la culture locale d' El Haouaria, sur la côte tunisienne. |
Le 43ème festival annuel de la fauconnerie s'est achevé le dimanche 14 juin dans la ville tunisienne d'El Haouaria.
Cette manifestation de quatre jours, considérée comme symbolique dans la région, présente un concours de chasse, durant lequel doivent rivaliser faucons et éperviers.
"Le festival, qui a une dimension écologique et culturele, fait partie des coutumes et des traditions qui nous ont été jalousement transmises", dit Chedli Jlidi, président du festival.
C'est un événement attendu avec impatience et dont la ville d'El Haouaria s'enorgueillit. Ce moment où l'on célèbre le faucon, considéré par les locaux comme "le prince des cieux".
Chaque année, la ville d'El Haouaria, située à la pointe de l'extrémité de la région du Cap Bon, accueille des centaines de chasseurs et de fauconniers qui participent à un concours de capture de cailles par des faucons, et de chasse à la perdrix menées par des éperviers.
Le plus rapide chasseur est déclaré vainqueur.
Dans la ville elle-même, il y a 150 fauconniers et seulement huit éleveurs d'éperviers.
Dès la clôture du festival, les éleveurs libèrent ces rapaces qui vont migrer sur la rive opposée de la Méditerranée – El Haouaria est seulement à 140 kilomètres de la Sicile.
La ville accueille les visiteurs avecune immense statue représentant un faucon, placée à l'entrée de la municipalité. Les habitants descendent dans la rue pour saluer les visiteurs et montrer leurs oiseaux. Presque toutes les familles en possèdent un ici.
"C'est une cérémonie, dans le sens complet du terme, et c'est l'occasion d'attirer les touristes et d'amener de la vie dans la région", dit Tarek, un habitant.
La ville est également un carrefour pour les oiseaux migrants de l'Afrique vers l'Europe. Pour les amoureux des oiseaux, c'est un endroit merveilleux pour leur observation, en plus des chasses.
Au cours du festival, des groupes musicaux locaux ont diverti les visiteurs et les touristes, venus profiter du spectacle de ces rapaces émérites et de leurs éleveurs vainqueurs.
La chasse au faucon est très strictement réglementée. Seuls les individus âgés de plus de 18 ans peuvent être propriétaires de ces rapaces. Ils doivent de surcroît être membres de l'Association Bayazera, qui a été créée en 1976 et qui accueille environ 400 membres. Une chasse s'organise en groupes de huit à dix personnes, chacune avec un faucon.
"C'est une passion que mon grand-père m'a enseigné", dit Fathi Bel Haj Amor, un chasseur. "Nous élevons des faucons, nous les dressons pendant vingt jours, nous leur donnons un abri dans nos propres maisons, nous les nourrissons. Puis nous les utilisons pour la chasse à la caille avant de les libérer".