16/09/2008
L'ambitieux projet baptisé Porte de la Méditerranée lancé par Sama Dubai et le gouvernement tunisien permettra de créer 350 000 emplois en Tunisie, ont indiqué jeudi dernier les responsables.
Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 16/09/08
![]() [Mona Yahia] Les autorités tunisiennes et des hommes d'affaires des Emirats se sont mis d'accord sur les plans du projet Porte de la Méditerranée, qui devrait permettre de créer plus de 350 000 emplois en Tunisie. |
Le gouvernement tunisien a donné jeudi 11 septembre son accord aux plans du projet Porte de la Méditerranée, un projet conjoint entre la Tunisie et Sama Dubai, filiale de Dubai Holding, pour un investissement total de 25 milliards de dollars.
Le PDG de Sama Dubai Farhan Faraidooni a indiqué que les travaux préliminaires avaient débuté sur les infrastructures et seize bâtiments, sur une superficie de 470 000 mètres carrés. Cette première phase devrait être achevée d'ici cinq ans.
Le projet Porte de la Méditerranée devrait être mené à son terme en quatorze phases. Ce projet d'une envergure exceptionnelle devrait générer une large gamme d'emplois, dont des emplois directs et indirects durant la phase de construction, et plus de 350 000 une fois achevé.
Le Ministre tunisien du Développement et de la Coopération Internationale, Mohamed Nouri Jouini, a déclaré que ce projet symbolise les plans de développement ambitieux de la Tunisie, combinant tourisme et croissance économique. La Porte de la Méditerranée répond également à l'objectif de la Tunisie de doubler le revenu par habitant d'ici dix ans, pour atteindre 60 pour cent de celui des pays développés.
M. Jouini a déclaré que pour faire face au problème de l'emploi, le gouvernement envisage de créer un million d'emplois d'ici dix ans. Nombre de ces emplois dépendent de projets d'investissement étrangers comme la Porte de la Méditerranée.
Par ailleurs, le groupe immobilier d'Abu Dhabi Al Maabar a fait part de son intention de lancer son plus important projet sur le continent africain dans la banlieue nord de Tunis, pour un investissement total qui pourrait atteindre dix milliards de dollars.
Le PDG du groupe, Youssef Nouis, a déclaré que la première étape du projet Bled El Ward permettra de créer 6 000 emplois.
De nombreux diplômés des universités tunisiennes attendent avec impatience les possibilités d'emploi offertes par ces projets, en particulier les titulaires d'un diplôme scientifique, technique ou d'une formation professionnelle.
Les premières annonces d'emplois liés au projet de Sama Dubai font déjà leur apparition dans les journaux tunisiens.
Les chiffres officiels indiquent que l'investissement direct étranger en Tunisie a dépassé deux milliards de dinars tunisiens en 2007, soit 5,18 pour cent du volume total des investissements dans le pays. Ce chiffre est en hausse de 35,7 pour cent par rapport à 2006, et comprend la création de 271 nouvelles entreprises étrangères et l'extension de 222 autres déjà implantées en Tunisie. Le nombre total d'entreprises bénéficiant de contributions étrangères est passé à quelque 2 900, assurant près de 291 000 emplois.
Un récent rapport du Fonds Monétaire International (FMI) indique que les efforts de développement en Tunisie affichent des résultats encore modestes, mais encourageants. Le chômage a baissé de 14,3 pour cent en 2006 à 14,1 pour cent en 2007, mais la croissance économique durant la même période est passée de 5,5 à 6,3 pour cent, le taux le plus élevé enregistré par la Tunisie en dix ans.
Les investissements en provenance du Golfe, en particulier des Emirats Arabes Unis, constituent la part la plus importante des apports en devises étrangères dans l'économie tunisienne.
Le rapport annuel 2006 de l'Organisation Arabe de Garantie des Investissements concernant le climat de l'investissement dans les pays arabes classe la Tunisie au troisième rang des pays arabes accueillant des investissements, et au deuxième rang parmi les pays attirant des investissements en provenance des EAU.
Dans son rapport le plus récent sur le climat des affaires, la Banque Mondiale classe la Tunisie au premier rang dans le Maghreb, au troisième rang en Afrique et au huitième parmi les pays arabes.
Dans ce rapport, la Banque Mondiale s'attache aux multiples réformes mises en oeuvre par la Tunisie l'an dernier, en particulier l'annulation de l'obligation d'un capital minimum pour les sociétés à responsabilité limitée et l'adoption d'une nouvelle législation en matière d'initiative économique.