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Les attentats d'Alger sont perçus comme le signe de l'allégeance à al-Qaïda

12/12/2007

Selon les experts, le double attentat de mardi à Alger montre que les derniers membres de l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique en Algérie sortent de leur mode opératoire traditionnel pour impressionner le chef de la nébuleuse al-Qaïda, Oussama ben Laden. Les autorités algériennes se sont engagées à lutter "plus sévèrement" contre le terrorisme.

Par Nazim Fethi et Boualam Senhadji pour Magharebia à Alger – 12/12/07

[Getty Images] Le premier Ministre Belkhadem a déclaré que l'Algérie poursuivra "l'application de la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale". Il a cependant ajouté que ceux qui rejettent ce processus "devront être combattus plus sévèrement."

Officiels et analystes en Algérie sont d'accord sur le fait que le double attentat de mardi à Alger marque une allégeance des terroristes au réseau al-Qaïda et à son leader en fuite, Osusama ben Laden.

L'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique a revendiqué les attentats du 11 décembre, qui ont fait 30 morts et blessé 28 personnes, selon le dernier décompte officiel. Un communiqué publié sur lnternet par le groupe montre des photos des deux kamikazes soupçonnés d'avoir pris pour cible les Nations- Unies et le Conseil Constitutionnel. Ce communiqué affirme que ces attaques sont la réponse du groupe aux affirmations que celui-ci était affaibli et servent à venger la mort des leaders du groupe tués par les forces algériennes de sécurité. L'"invasion", comme le groupe qualifie cette attaque, "rappelle aux croisés… qu'il est nécessaire d'écouter attentivement les demandes et les discours d'Oussama ben Laden".

Les terroristes ont profité d'un certain relâchement des mesures de sécurité après les élections locales du 29 novembre, a déclaré mardi le Ministre de l'Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni. Le choix du Conseil Constitutionnel et des bureaux du PNUD et du HCR comme cibles de ces deux attentats, a affirmé mardi le Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem, montre l'impuissance et le désespoir de ce groupe, qui "tente de montrer qu'il a la capacité de s'en prendre aux symboles de l'Etat."

Les forces de sécurité ont récemment réussi à arrêter ou à abattre plusieurs membres influents de l'organisation terroriste. La reddition de chefs importants tels que Hassan Hattab, le fondateur du Groupe Salafiste pour le Prêche et le Combat (GSPC), devenu par la suite Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique, a également eu un impact sur les capacités du groupe. De nombreux leaders du GSPC auraient été mécontents de la stratégie visant des civils, en particulier après l'attentat du 11 avril contre le palais du gouvernement à Alger. L'utilisation de mineurs pour des attentats-suicides lui aurait également valu la condamnation du public algérien, affaiblissant encore la position du groupe.

"N’importe qui peut entrer dans un café avec une Kalachnikov, ouvrir le feu et faire un carnage. N’importe qui peut déposer un véhicule bourré d’explosifs n’importe où", a déclaré à Magharebia un responsable de la lutte antiterroriste, sous couvert de l'anonymat. "Notre rôle est de remonter les filières, notamment en ce qui concerne les laboratoires de fabrication des explosifs, l’acheminement des produits entrant dans leur fabrication, et surtout les commanditaires de ces attentats."

Depuis l'annonce de son allégeance à al-Qaida en décembre 2006, le groupe de Droukdel a "tout fait pour plaire à ben Laden, en essayant de calquer les modèles irakien et afghan sur le terrain algérien", explique ce responsable. "Les attentats kamikazes n’avaient jamais été utilisés en Algérie avant cette date."

Aziz Azizi, chroniqueur au quotidien Horizons, explique que ces deux attentats constituent "une nouvelle alerte sur la baisse de la vigilance, en dépit des récents succès remportés par les différents corps de sécurité". Il souligne que le terrorisme reste "une menace réelle et omniprésente".

Kamal Amghar, du quotidien La Tribune, affirme que "le procédé et la méthode employés, en raison de leur inégalable lâcheté, portent l’empreinte des desperados haineux du GSPC qui cumulent les revers ces derniers mois".

Le Premier Ministre Belkhadem a assuré à l'opinion que l'Algérie "poursuivra l'application de la Charte pour la paix et la Réconciliation Nationale", ajoutant que ceux qui rejettent ce processus "doivent être combattus plus sévèrement."

M. Belkhadem a souligné que le terrorisme ne connaît aucune frontière, aucune nationalité ni aucune religion, et a affirmé que les chefs d'Etats et l'opinion publique prennent désormais conscience du fait qu'il s'agit d'un phénomène international qui requiert la coopération de tous pour en venir à bout.