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Les autorités algériennes renforcent la surveillance des mosquées et des imams

21/09/2007

A la lumière des récentes confessions de plusieurs terroristes repentis, selon lesquelles ils avaient été recrutés par des imams pour rejoindre les groupes armés, les autorités algériennes ont décidé d'accroître la surveillance des mosquées et ont renforcé leurs efforts pour contrôler les imams.

Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 21/09/2007

[Getty Images] Les groupes terroristes utilisent les mosquées pour recruter de jeunes candidats à l'attentat-suicide

Le Ministre algérien des Affaires Religieuses a décidé de renforcer la surveillance des mosquées et des imams, après que les parents du jeune kamikaze de 15 ans Nabil Belkacemi aient déclaré que l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique avait recruté leur fils à la mosquée de l’Apreuval, dans un quartier populaire d'Alger.

Belkacemi avait tué trente personnes, le 8 septembre, lors de l'attentat contre une caserne des gardes-côtes à Dellys. L'imam de la mosquée, Amine, avait été chargé de recruter Belkacemi et d'autres jeunes et avait été arrêté il y a plus d'un mois.

Le quotidien El Khabar a fait savoir dans son édition du 19 septembre que le Ministère des Affaires Religieuses avait envoyé une lettre aux gouverneurs des quarante-huit provinces, demandant aux imams locaux de souligner le danger du recrutement par des groupes terroristes et exhortant leurs fidèles à rejeter la violence.

Cette lettre demandait aux imams de "considérer le danger des discours de takfir, le péché de l'utilisation [du takfir] comme base des jugements légaux, et de mettre en garde les parents contre les dangers du recrutement de leurs enfants par des groupes terroristes armés et leur participation à des attentats- suicides."

Le ministère a indiqué que le mois sacré du Ramadan, au cours duquel un grand nombre de fidèles se rendent dans les mosquées pour les prières, était une occasion pour informer de nombreux citoyens sur les dangers du takfir et des assassinats perpétrés au nom de l'Islam.

Le renforcement de la surveillance des mosquées et des imams fait suite à un incident au cours duquel un muezzin avait utilisé le haut-parleur de sa mosquée, dans la ville de Mostaganem, après la prière du soir le 15 septembre, pour appeler les gens à ne plus s'endormir et à participer au djihad.

"Venez vers le salut ! Rejoignez le Djihad! Ô peuple, réveille-toi, tu as assez dormi !", avait répété plusieurs fois le muezzin.

S'exprimant lors d'un séminaire religieux, dimanche 16 septembre, le Ministre des Affaires Religieuses, Bouabdellah Ghlamallah, avait déclaré que les mosquées d'Algérie n'étaient pas soumises à un contrôle suffisant pour empêcher d'éventuelles violations. Il avait ajouté que les mosquées sont encore loin de jouer le rôle qui leur incombe, parce que la plupart des imams actuels n'ont reçu aucune formation universitaire.

Bien que le Ministère des Affaires Religieuses ait affirmé que la surveillance des mosquées et des imams n'est pas suffisante, le directeur général de la sécurité nationale, Ali Tounsi, a déclaré que son organisme maintenait les mosquées sous une surveillance constante. Il a précisé que les agences nationales chargées de la sécurité avaient fait parvenir des informations sur les violations ou l'incitation à la violence au Ministère des Affaires Religieuses, légalement responsable de traiter ces questions.

M. Tounsi a ajouté que la surveillance des mosquées par les autorités en charge de la sécurité "s'effectue sur une base permanente, et que le travail des équipes s'avère très satisfaisant."

Selon le quotidien El Khabar, ce renforcement de la surveillance et des contrôles se poursuivra après le Ramadan.

On estime que plus de vingt jeunes originaires des quartiers populaires du sud d'Alger ont quitté leurs domiciles depuis les attentats du 11 avril contre le palais du gouvernement et un poste de police dans la capitale. Ces jeunes auraient rejoint l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique par le biais des réseaux de recrutement, dont certains fonctionnent au sein-même des mosquées.

Durant la crise sécuritaire qu'avait connue l'Algérie dans les années 1990, les mosquées du pays avaient été un sujet de lutte incessante entre le gouvernement qui tentait de les contrôler et les différents courants religieux.

Les autorités n'avaient pu reprendre le contrôle des mosquées qu'à la fin des années 1990, et en 2001, elles avaient amendé le Code pénal pour pénaliser l'utilisation des mosquées à des fins politiques.