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Nouvel attentat à la bombe en Algérie, malgré une sécurité renforcée

16/09/2007

Bien qu'aucun groupe n'ait revendiqué l'attentat de Zemmouri qui a fait trois morts, les autorités algériennes se sont engagées à mettre un terme au terrorisme et à renforcer la sécurité pendant le mois du Ramadan.

Par Said Jameh pour Magharebia à Alger – 16/09/07

[Getty Images] Les forces de sécurité ont renforcé leur présence et mis en place de nouveaux points de contrôle aux entrées de la ville.

Trois personnes ont été tuées et cinq autres blessées lors de l'explosion d'une bombe artisanale, vendredi 14 septembre, près d'un bâtiment de la police à Zemmouri, à 50 kilomètres d'Alger. La bombe avait été déposée dans un sac plastique, à l'entrée d'un immeuble où vivent les policiers et leurs familles.

Les médias locaux ont indiqué que deux personnes avaient dû être amputées des jambes après cette explosion. Aucun groupe n'a revendiqué cet attentat.

Celui-ci s'est produit trente minutes avant l'iftar, lors de la rupture du jeûne, au deuxième jour du mois sacré du Ramadan. Il intervient une semaine après que 57 personnes eurent été tuées dans deux attentats suicides dans les villes de Dellys et Batna. L'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique, ex-Groupe Salafiste pour le Prêche et le Combat, avait revendiqué ces deux attentats.

Ce nouvel attentat coïncide avec une déclaration de Ali Tounsi, directeur général de la sécurité civile, affirmant qu'il n'excluait pas des attentats terroristes durant le Ramadan. "Nous pouvons nous attendre à des actions terroristes et à des attentats suicides, car c'est la manière la plus simple de commettre des meurtres", avait-il déclaré, ajoutant que recourir à ce type d'attaque est la preuve de la "faiblesse" des terroristes.

Soulignant qu'une vidéo diffusée la semaine dernière par le leader en fuite d'al-Qaïda, Osama ben Laden, ne mentionnait aucune attaque sur le territoire algérien, M. Tounsi a précisé que les groupes terroristes algériens utilisaient le nom d'al-Qaïda pour attirer l'attention des médias et tenter d'attirer plus de recrues.

M. Tounsi, cité par le quotidien Liberté, a affirmé que les attentats terroristes de ces dernières semaines ne seraient pas les derniers. Il s'est engagé à défaire le terrorisme en augmentant la sécurité et avec l'aide des citoyens algériens. Il a précisé qu'une nouvelle stratégie de sécurité avait été mise en place et enregistrait des résultats positifs sur le terrain.

Les forces de sécurité ont renforcé la présence policière dans la capitale et mis en place des points de contrôle aux entrées de la ville, pour surveiller les déplacements des véhicules. Les espaces publics et les marchés ont été placés sous surveillance policière, tout comme les mosquées, où M. Tounsi a indiqué qu'une opération était en cours pour empêcher les imams de recruter de jeunes Algériens. L'attentat du 8 septembre à Dellys avait été mené par un jeune âgé de 15 ans, Nabil Belkacemi, recruté par un imam local dans le quartier algérois de l'Approval. Les analystes estiment que le recrutement d'adolescents marque une nouvelle détérioration de la stratégie de l'Organisation al-Qaïda au Maghreb Islamique, dans la mesure où nombre des membres de l'organisation se sont rendus ou ont été abattus par les forces de sécurité. Les adolescents sont appâtés par des promesses d'argent et de participation à la lutte en Irak. Lorsqu'ils réalisent qu'ils ont été trompés par leurs recruteurs, ils sont contraints de participer à des missions suicides en Algérie, sous peine de voir leurs familles assassinées.

Ibrahim Kara Ali, député de la région de Boumerdès à l'Assemblée Nationale, a déclaré que ce dernier attentat illustrait le désespoir des groupes terroristes. Dans une déclaration à Magharebia, il a affirmé que cet attentat visait la politique de réconciliation nationale du Président Abdelaziz Bouteflika et visait à renvoyer l'Algérie au temps de la crise sécuritaire des années 1990.