18/04/2007
Un rassemblement organisé à Alger et des marches de protestation dans différentes provinces, mardi 17 avril, ont donné aux Algériens l'occasion de manifester contre le terrorisme et de démontrer leur soutien à la politique de réconciliation nationale du gouvernement. La radio et la télévision ont relayé les appels des gens descendus dans les rues en réponse aux attentats à la voiture piégée du 11 avril, qui ont ravivé le spectre des années 1990.
Par Lyes Aflou à Alger et Kaci Racelma à Tizi-Ouzou pour Magharebia – 18/04/2007
![]() [Getty Images] Les Algériens participant à ces marches de protestation ont tenu à exprimer leur désaccord face à l'usage de la violence |
Des milliers d'Algériens dans la capitale et dans tout le pays se sont rassemblés et ont marché ensemble mardi 17 avril pour protester contre le terrorisme et apporter leur soutien à la politique de réconciliation nationale de leur gouvernement.
Suivant les appels de l'Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) et de plusieurs organisations de la société civile, les manifestants se sont rassemblés au Stade Omnisports d'Alger durant toute la matinée. Les responsables de la sécurité ont utilisé des téléphones portables et des radios pour diffuser des messages en direction du plus grand nombre, leur demandant de dénoncer les "terroristes en fuite". L'UGTA avait prévu des bus pour transporter autant de manifestants que possible vers le lieu du rassemblement.
Des drapeaux algériens et des bannières dénonçant le terrorisme couvraient le stade, totalement comble. Des forces de sécurité importantes avaient été déployées autour du stade, et un hélicoptère de la police patrouillait dans le ciel de la capitale.
"Nous affirmons notre soutien inconditionnel au processus de réconciliation nationale", avaient annoncé les organisateurs de cette manifestation. Ils ont appelé les Algériens à participer en grand nombre aux prochaines élections législatives prévues le 17 mai, pour répondre aux attentats d'Alger qui ont tué 33 personnes et en ont blessé 220 autres.
"Non au terrorisme, oui à la réconciliation nationale", scandait un groupe de jeunes situé en face de l'estrade où ministres, responsables des partis politiques et chefs de communautés avaient pris place.
Le Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem s'est adressé à la foule. "La meilleure réponse à la sauvagerie terroriste est que le peuple reste debout… Contre le terrorisme et contre tous ceux qui veulent déstabiliser le pays, nous poursuivrons la politique de réconciliation nationale", a-t-il déclaré.
La réconciliation nationale propose l'amnistie aux Islamistes repentis qui acceptent de déposer les armes. Depuis février 2006, quelques 300 Islamistes armés ont ainsi rendu les armes et 2 000 détenus ont été amnistiés.
Plus que tout, les Algériens présents à cette marche souhaitaient faire part de leur désaccord de la violence. "Nous sommes venus ici par ce que nous voulons dire à ces gens qui tuent leurs frères que nous sommes contre ce qu’ils font", a déclaré Ali Hamdi, 26 ans, étudiant en droit à Alger. "Je crois que le terrorisme est en voie de disparaître définitivement de notre pays mais il va falloir que tous les Algériens se dressent comme un seul homme pour condamner et dénoncer ce phénomène abjecte", a-t-il ajouté.
"On en a marre des meurtres et du sang, nous voulons que ce drame finisse. J’ai 29 ans et je suis chômeur, je n’ai pas profité des richesses de ce pays, mais je veux vivre et je n’aime pas ces tueurs. Nous sommes venus ici pour dire non, non, non au terrorisme" a commenté Farid Nessah, un jeune originaire de l'un des quartiers populaires d'Alger.
![]() [Kaci Racelma] Les habitants de Kabylie protestent contre le terrorisme |
La télévision algérienne a diffusé en direct les images des manifestations dans plusieurs villes du pays. En Kabylie, des hommes et des femmes de tous âges ont répondu à l'appel des groupes de la société civile, en descendant dans les rues de Tizi-Ouzou et en agitant des bannières.
Une femme, dont le mari a été tué par les terroristes, a déclaré : "Notre douleur est grande mais l’insécurité doit avoir une fin pour préserver les vies humaines. On ne peut plus revivre le cauchemar d’avant."
Arezki Meziane, un étudiant, a déclaré: “Nous dénonçons la violence terroriste que veulent nous imposer les islamistes porteurs d’une idéologie incompatible avec nos valeurs réalistes et pacifistes.” Cette marche, a-t-il ajouté, est le message que les Algériens n'acceptent pas l'islamisme radical.